J. Jaurès - La guerre franco-allemande ; L. Dubreuilh - La Commune

208 llJSTOlllf•: ::;ocI:.us11-: que les termes en furent concertés avec ~I. Emile Ollivier. « Le garde des sceaux prit connaissance de la lcltre de !"Empereur, cl nous convtnmcs d'adresser au comte Benedclli 1111 second télégramme plus explicite que le premier : Paris, 1"2juillcl, 11 heures lj <lu s,ir: L"Empcreur me charge de ,·ous raire rcmarqu('r que 11011nse saurions considérer la rc-noncialion que nous " commu11iqufo !"ambassadeur c1·i-:spognc, el qui ne nous est pas adressée directement, comme une réponse suffi~anle aux jusles demandes aJressées par nous au roi de Prussr, encore moins saurions•nous y voir une garanlic pour l'avenir. ,, Afin que nous soyons sùrs que le fils ne désavouera pas son père ou qu'il n'arri\'cra pas en Espagnr, comme son fri•rc l'a fait en Houmanie. il esl indispensable que le !loi veuille bien nous dire qu'il ne permellra pas au prince de revenir sur la r<'noncialion ~ommunîqué,c par le prince Antoine. « M. d~ Bismnrck arrivanl à Ems, veuille, rester jusqu'à ce que vous soyez appelé à Pa,·is. Dites bien enfin au comte de Bismarck cl au Hoi que nous n'a,·ons aucune arrit'·re-prns(•(', que nous ne chc.-rchonspas nn prétexte de guerre, cl que nous ne demandons qu"à sortir honorablcmcnl d'une difliculté 'JUC nous 11·a, 1ons pns créé<'nous•mt\mes. 1) On ne voit pas bien en quoi cetlr seconde <l<'p~chcesl plus explicite que la prcmii·rc. La premii•re élail cal<'goric1ue. Elle exigeait el d'un ton pressant, une garantie pour l'avenir. M. de (.;ramonl a-t-il tenu à souligner la responsabilité propre du garde des sceaux"? Le rc\lc de M. Emile Ollivier est lamenlable. Il n·a pas été à Sa(nt-Cloud, il n·a pas assisté au Conseil intime où le sort de la Fran<"c, cl la guerre, onl été décidés. La terrible dép, 1che a élé expédiée sans lui : il parait qu'il la trotl':a de forme imprudrnlc et excessive. Ses amis assurent que r·csl lui qui fit ojoulcr il la srcondc les lig1tes de la fin sur la paix. 0 dérision! Comme si ·cr pet il tour ,Ir rhétorique i11 ex/remis supprimait le fond des choses! Au rcslc, celle dcuxii·mc Mpêchc ne parvint m~n,c pas à ~I. Bcnedelli avant son cnlrel'UC a,·,·c le Hoi. Les destins s'accomplissaient. L'émotion. de l'ambassadeur fran~ais fut violente quand il rr,:ul 1i Ems, dans la nuit, la Mp, 1rhc qui chongcail brusquement les lermcs <le la négocjalion cl qui renversait, avec son œuvrc, toute chance de paix. Voici commenl, un peu plus tard, il résumait la situation, il' soir du I?:" La détcrminalion (du prince Antoine) avait été notifiée direclrmrnl à Madrid et nous était rel'enu,• par !"Espagne. ()u"avail-on en vue en procédant ainsi"! Evidemment dégai;er le Hoi. Dès cc moment on pouvait prélendro <JUC la rrnoncialion <lu prince éloil nn ocle sponlané de sa volonté personnelle. Lo lloi d,,,•ait le lendemain, cl c·esl cr qui eût lieu, me faire part lui-mc'me de ln résolution du prince et me déclarer qu'il y donnait son assentiment; mais son gouvernement aurait été fondé à soutenir que le souverain était uniquement intervenu comme chef Je• famille pour approuver le désistement comme il avait approuvé l'acceplalion. C'est cc que j'avais pressenti et annoncé, eo signalant

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