HISTOIRE SOCIAl,ISTE 207 à Saint Cloud même. Pourquoi y ajouter quelque chose lanl qu'un événement nouveau ne s'est pas produit? cl pour<ruoi l'l~mpereur semble-t-il so préoccuper d'accentuer celle dépêche, mais dans ccrlarnes limiles? !::si-cequ'une hypothèse plus violente, plus agressive a élé examinée'/ cl Napoléon a-1-il lieu de prévoir que le duc de Gromonl scro enlralné à accentuer la dép0chc convenue ou delà de ce que Napoléon lui-même jugo prudent? Ces journées tragiques sont pleines d'énigmes dont nul encore n'a essayé de donner le mol. En loul cas, le rnviremonl de !'Empereur est complet cl sa responsabilité esl capitale. En quelques heures, il a changé de politique. Il acceplail, à 3 heures de l'après-midi, la solution du désistement; un peu après, il le regrette, el il marche avec le duc de Gramont vers la calaslrophc. C'est d'ailleurs pour couvrir, ou loul au moins pour diviser sa responsabilité que celui-ci cite, Ms 18i2, cl a,•cc la permission loyale de l'Empercur, la lellre de celui-ci. Or, en ce soir tombant du 12 juillet, à peu près à l'heure où le duc de Gramont télégraphiait à Bonedelli la dfpèchc des garanties, Benedetti, qui ignorait encore la communication espagnole, lélégraphiail ceci au duc de Gramont:" Ems, le 12 juillet, 6 heures du soir: Le Roi vient de me dire qu'il avait reçu une dépèehc lélégraphi<ruc qui lui annonçait que la réponse du prince de Hohenzollern lui parviendrait iudubilablcmeul demain malin. Il a ajouté qu'il mo rerail demander dès qu'elle serait enlre ses mains. • M. de Bismarck csl allendu demain à Ems. Si lei est voire avis, je vous prie de m'autoriser à parlir immédiatement dans le cas où la communication que le ll.oi me fora demain ne serait pas cnlièrcmcnl salisfoisanle. Après ce que vous m'avez mandé, je ne Youdrais plus accepter aucun délai, à moins que vous m'en donniez l'ordre "· Evidemment, le roi de Prusse, au risque d'aggraver encore la tension Jes Psprils el des <\vénemenls, avait manœuvré pour que le ,elrail de la candidature rùl connu du monde enlier par l'inilialivc du pri11cc Antoine el par la communication de l'Espagne avant que lui-même lo communiquill à l'ambassadeur français. M. de Gramont l'observe lrùs juslcmenl dans son livre. Il esl impo•sible <rue le prince Antoine ail envoyé au maréchal Prim el livré aux agences la dépêche de renonciation sans en a~oir immédiatement averti son souverain. El quand le roi de Prusse annonçait le 12 au soir que lo réponse du prince lui parviendrait le lendemain, il l'avait déjà. Mais, malgré loul, malgré la nouvelle manœuHe, l'heure allait venir où il roudrail bien que le roi de Prusse dise à la France: J'ai appelé l'allcnlion des princes sur l'effet de leur acceplalion. Ils renoncent ! cl cela surfisail à engager la Prusse devant la France el devant le monde, dans la mesure nécessaire. M. de Gramont n'en jugeait pas ainsi! el au télégramme de M. lleoedclli il ne répondit qu'en insistant dans une nouvelle dépêche sur la nécessité de garanties pour l'avenir. Ce nouveau télégramme rut expédié de Paris à minuit, el M. de (;ramonl précise
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