192 HISTOIH8 SOCIALISTE A mesure cependant que croissait celle frénésie, la gauche accentuait sa résistance. El il lui aurait été plus facile de comballre le mouvement si ellemème n°a\'ail pas si longtemps dénoncé le péril de l'unité allemande, si, en elle aussi, un inslincl de chauvinisme dominateur ne survivait pas. Trop souvent elle s'était plu à accuser l'Empire de faiblesse,' et, il y a peu de jour&, M. Jules Ferry jetait au Corps législatif comme une injure : ,, Majorité de Sadown ! >) Pourtant, depuis quelques années déjà, les ,·épublicains, par un méritoire eflorl de pensée, s'étaient dégagés des préjugés funestes qui conduisaient fatalement à la guerre contre la Prusse; el plus lrs fonaliques d'aLsolulisme ponssaienl au conflit, plus la gauche affirmait la nécessité de la paix. li esl vrai que l'opposition républicaine n'arrive pas à une action concordante. Les mêmes journaux qui concluent à la paix donnent lori, au hasard des articles, ou à la France ou à la Prusse. Cc qui domine chez les radicaux, c'est la haine de l'Empire. Et, pour le blesser, pour l'humilier, ils n'hésitent pas à recommander la paix en termes qui en font une abdication et qui rendent par là plus difficile au gouvernement cie la maintenir. Dans le journal de Delescluze, le Réveil, gronde un mélange terrible de chau,•inisme rt de révolution. Siebcckcr écrit : « Parions que le Hohenzollern est un beau malin installé en Espagne, sans plus de tambours ni de lrompelles que son cousin n'en a employés pour prenrlre possession de la Houmanie. » • Deux bi~n jolis succès: ça el le Saint-Gothard . ., " La Prusse à Forbach, la Prusse derrière le Rhin, à Kehl, la Prusse derrière les Alpes, la Prusse derrière les Pyrénées. Ceux qui aiment la Prusse peuvenl se régaler; on en a mis partout. • « Les éclats de rire rouleront à droite, à gauche, au norJ, au midi, à la frontière luxembourgeoise, derrière \\ïssembourg, sur le Rhin, sur les Alpes, sur les Pyrénées, parloul. » • Si c'est cela la revanche de Sadowa, eh bien, elle esl complète 1 » • Ah! nous le savons, vienne un revers, on fera appel à ce bon, à ce brave peuple, qui a loujours fait son Je,•oir; on fera dé belles proclamations. Mais le peuple se rappellera alors que vous l'avez canardé à Aubin, à La Ricamarie, cerné au Creusot, assommé sur les boulevards cl dans les faubourgs; el en ce moment même, vous essayez de l'écraser avec l'Internationale, el, dédàigneux, il vous répondra : « Je ne vous connais pM. » u Le peuple, lui, n'a rien à craindre. )s • Le jour où il a la puissance entre les mains, il n'a pas plus besoin des finasseries diplomatiques que du déploiement des gros bataillons pour faire respecter la chose publique . ., « li a fail voir aux fameux tacticiens de l'école Je Frédéric comment, avec des r.oldals improvisée, on ballait les armées régulières. • « Mais, quand il trouve ces élans irrésistibles, ce n'est jamais pour eauver
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