J. Jaurès - La guerre franco-allemande ; L. Dubreuilh - La Commune

184 lllSTOIRE SOCIALISTE prinr, d, l/ohm:n/1,rn el /'arq11i,sc,mt11/ txplicit, du roi; il élnil chargé. ce qui est bien difTércnl, de provoquer, d'obleuir l'initiative du roi pour qu'il ordonnât ou constillâl le Msislrmenl du prince prussien •· El l'on voit l'inlérH du dN,al rnlre les deux hommes. Si Benedrlli a bien compris les inslruclions de son chef, il a réussi dans sn mission, car il a obtenu que la candidature du prince dr llohenzollrrn fùl retirée avec le consenlemcnl du roi de Prusse, el la guerre n'a éclaté que parce que, à res inslruclions premières. se subsliluèrenl soudain d'autres rxigencPs. Mais snrlout on ,•oit lïnlér~L de M. de Gramont à prétendre que, dès l'origine, il o voulu non pas seulemrnl, non pas surlout le retrail de la candidature llohrnzollern. mais qur dans le retrail apporùl l'initiative du roi de Prusse; par là, ,1 y une sorle de conlinuilf clans sa politique, cl il ~chappc au reproche d'avoir soudainement formulé des exigences nouvelles, quand les premii·res avaient reçu salisfaclion. Mais qu1; ~I. de Gramont dise la vérité ou qu'il nous !rompe, ou qu'il se trompe lui-même, sa responsabilité reste fgolement terrible. S'il csl vrai qu'il se f0L conlenlé ,l'abord du rel rail de la condidalure llohenzollern, avec le consentement du roi de Prusse, il est criminel d"avoir élevé des prétentions nouvelles quand les premières négocialions a,•aient abouti, cl d"avoir rcn,•crsé ainsi les bases de pai~ que lui-même avaient acccpLées. Si, au conlrairc, comme il essaie après coup de le démontrer, il a voulu dès le débul que lïnlervenlion du roi de Prusse se produislt dans des conditions blessantes pour l'amour-propre de ce dernier et pour les sentiments de son peuple; s'il ne lui a pas sum, dès la première heure, d'une victoire de fond qui impliquait, quoi qu'on fil, un sacrifice du roi de Prusse; s'il a voulu tout de suite que ce sacrifice f0L éclairé d'une lumière brutale et aggravé jusqu'à l'humiliation, il est criminel encore d'avoir marché ainsi, sous l'hypocrile semblant d'une négociation dérisoire, à la guerre certaine el préméditée, Non, la vérité est que, dans l'esprit arroganl el louche de ce jésuite orgueilleux, loules ces pensées diverses ou conlraires se brouillaient. Ou il n'a su, ou il n'a pas voulu regarder au fond de sa consci~nce el de ses desseins. li n'a pas su, ou il n'a pas voulu donner à srs inslruclions la forme catégorique el précise qui convenail à la gravité des événemenls. li n'a pas dit nellemenl à BenedPlli : Il nous suffira que le prince Léopold retire sa candida Lure; car il esl bien clair que, s'il la relire, ce sera à la suite d'une inlervention du roi de Prusse, el nous aurons ainsi, outre une satisfaction directe et essentielle, une satisfaction d'amour-propre. Donc, en quelque forme que se produise ce retrait, il constitue pour nous un succès, auquel il faut se tenir. Non, il n'a pas dit cela nettement, cl pourtant, la mtlme induction qui lui faisait dire, dans sa dépêche à M. Le Sourd, que la candidature n'avait pu se produire sans le consenlcmenl du roi, l'autorisait ou mieux l'obligeait à conclure que le retrait ne pouvail se produire aussi 8BD8 le consentement du roi. Lui-même d'ailleurs avoue qu'un moment la question lui apparut en ces

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