J. Jaurès - La guerre franco-allemande ; L. Dubreuilh - La Commune

HISTOIRE SOCIALISTE 183 e0orcez-vous d'obtenir que Sa Majesté conseille au prince de llohenzollern de revenir sur son acceptation. • Le ton est plus pressant dans la lettre particulière écrite aussi le 7 juillet el que M. de Gramont fait porter à M. Benedelli par M. Bourqueney. • Si vous obtenez du roi qu'il révoque l'acceptation du prince de Hohenzollern, ce srra un immense succès el un grand gervice. Le roi aura. de son côté, assuré la paix de l'Europe. Sinon, c'est la guerre. • Dans la même lellre, il dictait une rormule impérieuse el brutale. • li raul absolument que vous obteniez une réponse catégorique suivie de ses conséquences naturelles. Or, voici la seule ,1ui puisse nous satisfaire el empêcher la guerre: • Le gouvernement du roi n'approu,·e 1>as l'acceptation du prince de « Hohenzollern, el lui donne l'ordre de revenir sur celle détermination prise « sanssa permission. » Evidemment, c'est d'une démarche du roi de Prusse que )1. de Gramont attend le retrait de la candidature Hohenzollern; el comment supposer en enet que le prince Léopold, ayant délibérément el après ré0exion accepté la couronne d'Espagne, ayant obtenu à cet elîet l'assentiment du chef illustre de la maison de Hohenzollern, reviendra sur sa décision si le roi de Prusse lui-même ne l'y invite pas? M~is ce que,!. de Gramont ne dit pas à ~I. 13enedelli, c'est si celle démarche du roi de Prusse lui paraît n 'cessa ire comme condition du retrait de la candidature, ou s'il iienlàcelledémarche pour elle-même el parce -qu'elle constitue un échec visible du roi de Prusse. Est-ce le résulta! surloul qui le préoccupe '?ou le moyen par lequel ce résultat sera procuré l'inléresse-t-il plus que le résultat lui-même·? C'est dans celle subtilité que gll toute l'équivoque cl loul le péril. M. 13enedelli comprit loul d'abord que c'est le résultat final qui importait, el plus il était évi~ent que ce résultat ne pouvait Nre obtenu que par une démarche du roi de Prusse, moins il élu il utile d'insister sur celle démarche même. L'intervention du roi de Prusse, même si on permellait qu·elle s'essayàl sous la forme la plus discrète, la plus adoucie, la plus commode à l'amourpropre royal, ressortait avec un lel éclat de la conséquence m~me. c'est-à-dire du relrail de la candidature, que celle-ci suffisait pleinement; elle élail à la fois un fait el un témoignage. ~I. Beeedelli déclare que c'est en ce sens qu'il c,ompril les instructions de son chef. Dans la lettre de no,·embre 1870, qui sert de préface à son livre: 111aMission en Prusse, il dit ceci : « Enfin, quand j'ai été envoyé à Ems, que m'ordonnaient mes instructions? D'obtenir le désistement du prince de Hohenzollern à la couronne d'Espagne qu'il avait acceptée, et l'acquiescement explicite du roi de Prusse à celle résolution ». M. de Gramont, dans son livre, La Franc• el la Prusse avant la guerre, proteste contre celle interprétation : • Le comte Benedelli n'était pas chargé, eomme il le dit dans sa lettre du 25 novembre, d'obtenir l• désistement du

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