182 HISTOIRE 8OCl.',Ll8'1'1': désir d'assurer la paix, mais à la sommai ion d'un adversaire arrogant. Obtenir le relrail de la candidature Hohenzollern serait donc un succès immense. Il y avait folie à espérer plus. Il y avait crime à demander plus, el à aggraver, par un surcroit d'exigences humiliantes, une résolution déjà très difficile. Aller au-delà de ce relrail, c'était vouloir la guerre. Il ne semble pas qu'avant d'envoyer M. Benedetti à Ems, M. de Gramont ail mis de l'ordre dans son propre esprit; el ses inslruclions irritées el ambiguës portent en elles une conlradiclion où domine la colère. M. de Gramont prie le roi de Prusse qu'il conseille au prince Léopold de retirer sa candidature. Et on se demande s'il sollicite ce conseil du roi de Prusse pour obtenir ce relrail, ou pour infliger au roi de Prusse luimème, par un conseil contraire à son assentiment antérieur, une épreuve el une humiliation. Sa pensée, toute frémissante <l'orgueil, mais se contenant encore, hésite en des nuances troubles, qu'on risque d'accentuer ou d'atténuer rien qu'en les nommànl. li télégraphie à )1. Le Sourd, le 7 juillet. « On ne fera jamais croire à personne qu'un pri.nce prussien puisse accepter la couronne d'Espagne sans y avoir été autorisé par le roi, chef de sa famille. Or, si le roi l'a autorisé, que devient celle soi-disant ignorance oflicielle du cabinet de Berlin, derrière laquelle M. de Thile s·est retranché avec vous? Le roi peut, dans le cas présent, ou permellre ou défendre. S'il n'a pas permis, qu'il défende. Il aura peul-être sauvé le prince, son parent, ù'un grand désastre, el il dégagera l'horizon politique des graves complications qui menacent la paix générale. Il y a quclques·années, dans une circonstance analogue, !'Empereur n'a pas hésité : Sa Majesté désarnua hautement el publiquement le prince Mural posanl sa candidature au trône de Naples. Nous regarderions une détermination semblable du roi Guillaume comme un excellent procédé à notre égard, el no~s y verrions un puissant gage du désir de la Prusse de resserrer les liens qui nous unissent el d'en a~surer la durée. » Au comte Benedelli lui-même, ~.1.de Gramonl téligraphiail le 7, en l'envoyant à Ems. « Si le chef <le la famille a élé, jusqu'ici, indifférent à celle afTaire, nous lui demandons de ne plus l'être, et nous le prions d'intervenir. sinon par ses ordres, au moins par ses conseils, auprès du prince Léopold. Donnés avec l'autorité qui lui appartient, ils ne manqueront pas d'exercer une in0uence décisive sur la résolulion du prince el de faire disparallre, avec les projets fondés par le maréchal Prim sur celle candidature, les inquiétudes profondes qu'elle a parloul suscitées ... Quant à nous, Monsieur le comte, nous verrions surtout dans l'intervention du roi Guillaume, pour mettre obstacle à la réalisai ion de ce projel, les services qu'elle rendra il à la cause de la paix el le gage de l'a0umissemenl de nos bons rapports avec la Prusse. Le gouvernement de !'Empereur apprécierait un procédé qui, l'on n'en saurait douter, recevrait, en même temps, l'approbation universelle. • Inspirez-vous de ces considérations, faites-les valoir auprès du roi, el
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