162 HISTOIRE SOCIAUSTJ,; pro\'oqucr une parPille manifestation, a cru dC"voir l'.'ngagrr sa parole J'hon~ ncur. Sui, an! lui, ~I. Hanoès se sera il borné à cnlrclcnir )1. de Bisn,arck, qui tenait peul-Nre /J profiter du passage de cc diplomate pour se renseigner sur !"étal de choses en Espagne en cc qui concerne le choix du fulur souverain. Les Collés, aurait-il dil, éliront le roi Ferdinand, qui déclinera la couronne; la majorité se pal'lagera cnsuilc entre le duc de .ilonlpensier el le duc d'Aoste; mais elle se prononcPra vraisemblablemcnl pour le premi.,r de ces deux princes qui acceptera la résolution de l'AssPmbléc. ,, La déclaration de M. de Thilc élail formelle: mais M. Benedetti ajoutait pruden11nent: « Sans révoquer en doute la loyauté du sous-secrétaire d'Etal,je me permettrai d'ajouter qu',I n'est pas toujours initié aux vues personnelles de M. de Bismarck». D'ailleurs, celle déclaration, d'apparence si explicite, n'avail pas de sens. Car, même si à!. dP Hanoès, considérant à celle date que la candidature llohcnzollern n'avait aucune chance, n'~n avail pas entretenu M. de 13ismarck. même si celui-ci n'avait pas fait allusion II la brochurP de M. Salazar pour ne pas découvrir des arriè.-e-pensées suspendues à une évenlualilé lout à fait incerlaine, cela ne prouvait pas du loul qu'il se désintéressait de la combinaison lloh~nzollern. Et M. de Thile s'était borné à nier le fait. Il n'avait pas dit que la Prusse était résolue à s'abstenir de Ioule démarche qui pal inquiéter la France. La lettre de àl. Bencdelli ne calma pas les appréhensions de !'Empereur. li le manda à Paris el il lui dit: « La candidature ,(u duc de Montpensier est purement anlidynaslique (c'flail en effet un succès el une force pour la famille d'Orléans) el je puis l'accepter; la candidature du prince de llohen- =ollern es/ essenliellemenl anlinalionale, le pays ne la supportera pas, el il (au/ la prévenir». ~I. Bcnedelli, dès son rclour à 13erlin, alla ,·oir ~!. de Bismarck. 11 ne lui transmit pas la formule tranchante de !'Empereur; mais il lui marqua combien la France était préoccupée. M. de 13ismarck, très aimable, très empressé, el, comme sïl cédait à un besoin de confidences, se répandit en propos abondants. Il dit à ~I. Benedetti que le père du prince Léopold, qui avait da déjà dépenser beaucoup d'argent pour aider un de ses fils en Houmanie, n'était pas disposé à c~urir en Es,;ogne une dernière a\'enlure. Au demeurant, le sol de l'Espagne était ébranlé par les révolutions: comment un prince étranger pourra-t-il se llaller de durer·? Le prince Frédéric-Charles, hü, aurait accepté, mais il élail protestant: el c"élail 1111 obstacle insurmontable, de plus, s'il était brave soldai, il n'avait pas la connaissance des hommes. Ainsi discourut ~I. de 13ismarck, comme un sage qui juge de haut les choses humaines el qui ne s'attarde pas à des hypothèses sans consistance, mais il éluda toujours la question précise, la seule importante, celle d'où dépendront un jour la paix ou la guerre. Au cas où les Espagnols offriraient lo couronne au prince Léopold el où celui-ci serait disposé à accepter, le roi de Prus,e donnerait-il son assentiment? M. Benedetti ne fut pas dupe de la manœuvre : cl il écrivit à Paris:• Sans me dissimuler qu'il avait eu l'occasion '
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