J. Jaurès - La guerre franco-allemande ; L. Dubreuilh - La Commune

HISTOIRE SOCIALISTE moyenne el tempérée:« sous le couvert d'inlér~ls consen·ateurs, des tendances républicaines commencenl à s·agiler, cl la coalition des ultramontains cl des républicains se servirait du Parlement du Sud pour renverser l'aulorilé des gouvernements particuliers, qui sont Mjà min&s nuil el jour par une presse sans frein, el pour réalise,· le plan de ceux qui se proposent une Fédération républicaine drs Etals du Sud avec rattachcmenl à la Prusse. Il y a des indices que la France ne verrait pas celte combinaison d'un mauvais œil; car, sur des formalions d'Etat aussi incohérentes, elle pourrait étendre son protectorat. " El Hohenlohe conclut qu'il faul se hâter de conclure un arrangement lei quel, qui, en rassurant les Etals du Sud sur leur autonomie, ménage_ cependant la possibilité d'une union plus étroite avec le \'ord. )lais cela même devenait plus malaisé de jour en jour. M. de Bismarck ne s'énerve pas cependant, ou il maitrise el dissimule son éner\'emenl; el, le '23 juin 186\J,il répète à M. de Hohenlohe: « L'évolution allemande ira très lentement, cl la Prusse a trop à faire dans la Confédération de l'Allemagne du Xord pour 3ppeler dans celle Confédération des éléments hélérogènes, ou pour conclure un pacte fédéral avec ces élémenls, qui ne pourraien~ que troubler le processus de cristallisation de l'Allemagne du No,·d. » Mais de Hohenlohe précise le danger. :\'on seulement les Etats du Sud ne veulent pas s'engager plus a,·anl, mais ils veulent restreindre le plus possible les obligations résultant pour eux de la conventio11 militaire. Ils craignent, s'ils entrent dans la guerre, d'être dépouillés ensui le de leur indépendance, cl ils demandent des garanties préalables. M. de Llismarck répond que la Prusse ne serait pas assez \'ile pour imposer à ses compagnons de lutte des conJilions inacceptables. El il déclare·neltement quïl ne croit pas, qu'il ne peul cl'Oire à la Mfection de la Bavi/>re,qui risquerait d'ètre démeml,rée entre la Prusse el l'Autriche. Pendant qu'il en est réduit, a,·ec les Etals du Sud, à ajourner indéfiniment ses espérances el mème à faire entendre des menaces,~!. de Llismarck voit l'Autriche s'enhardir. M. de lleusl soutient contre le chancelier de l'Allemagne du Nord une polémique incessante. ~I. de Hohenlohe, note le 21 décembre 1868 : « Frœbel élail aujourd'hui chez moi, re,·enant de Berlin cl de \'ienne. Il m'a raconté qu'à Vienne les dispositions étaient complètement changées. Tandis que l'année précédente on avait cru à la dissolution de l'Autriche, la confiance en soi est maintenant de nouveau très grande. el l'on va jusqu'à ètre décidé à demauder que l'Allemagne du Sud se rattache à l'Autriche, pour que l'Autriche ne soit pas entièremeut magyarisée. » En tout cas, quand M. de Hohenlohe, le 25 aoùl 1869, "isile à Vienne M. de Beus!, celui-ci ne craint pas de déclarer qu'avant tout son intérêt est de garder de bons rapports avec la France. el qu'il ne peul garder ces bons rapports s'il laisse à la Prus8e la main libre en Allemagne. La France se

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