J. Jaurès - La guerre franco-allemande ; L. Dubreuilh - La Commune

HISTOIRE SOCIALISTE était de nature à la faire hésiter. C-était elle qui paierait seule les frais de la guerre entreprise avec la France. )lais ce n'est certainement pas à un jeu de diplomatie que se livrait le chef de l'Etal-~laior; c'était bien un travail militaire sérieux el rfpondant à l'hypoth~se la plus proliable qu'il avait préparé. )lais qu·on le remarque : Ce plan militaire suppose que c'esl la France cl l'Autriche qui attaqueront; rar d'abord, dans ce système, la Prusse n·atTaiblil pas la France, elle ne lui enlève aucune parcelle de son sol, et en laissant se constituer, à coté de l'Allemagne, un gouvernement "" démocratie révolutionnaire, Nic crée au conservatisme prussien des clifficultés prochaines. Surtout !"Allemagne n'aurait pas pardonné à la Prusse de provoquer l"Autriche el de liYrf'r au~silôl aux arméf's aulrichil'nnes, ne fût-cc qu'un rnomenl, l'accès de la terre allemande el de la capitale du \'ont. La Prusse ne ponvail jouer ce jeu si dangereux que soutenue par l'unanimité pai°riotiquc d,· l'Allemagne: el pour cria il follail qu·aux yenx Je tous les Allemands l'awession vint de la France el de L\utriche. )lais sïl est infiniment probable que M. de Bismarck ne voulait pas provoquer lui-m~me les hostilités, il se lassait ·sans doute tous les jours davantage de la politic;uc expectanle. Ilien loin de franchir ver8 la Confédération du Nord le pas décisif, les Etats du Sud hésitaient, se réservaient el même reculaient. Le roi de Bavière avait refusé d'aller aveè le roi de \Vurtemberg voir le roi de Prusse. Surtout les unitaires subissaient en Bavière, dès les élections du début de 18li9, un grave échec. La coalition des cléricaux et des démocrates antiprnssicns remportait; el cc succès inspirait à M. de 1-Johenlohe, ()ans son journal du 'l(i février 1869, des réflexions pessimistes: « Quiconque observe exactement la situation de !"Allemagne du Sud, reconnaîtra aisfmenl que le danger pour l'Allemagne réside de plus en plus dans l'éloignement croissant de l'.\llemagnc du Sud el de l'.\llemagne du Nord. Plus se resserre le lien qui unit les Etals de la Confédération du Nord, plus il de,·ienl difficile aux Allemands du Sud de se familiariser avec !"idée u·une entente avec .le Nord. L'aversion nationale des Allemands dn Su,I l'"r l'unité prusso-allemanrle Pst un fait qu·oo ne peul nier. Cet éloignenwnt a-lw:.ucoul' grandi depuis 11:366e,l tous les ennemis de la Prusse el de l'All,·111agrwutili<,•nl cdte disposition pour élargir le fossé tous les jours davantage. Ainsi les Etats du Sud seront couJuils peu à peu à prendre une position hostile à l'égard du Nord; cl, si éclate une catastrophe souhaitée par tous les ennemis de la Prnsse, il esl à craindre c1ue l'Allema~ne du Sud soit séparée de_façon durable de l'Allemagne du Nord. ,. Dans cet esprit de défiance, les Etat~ du Sud n'accepteraient pas de s'unir avec la Confédération du ;\"ord, si eux-mêmes n'avaient pas la force el la garantie d'un Parlement commun du Sud capable de foire équilibre à ~elui du Nord; mais, précisément, ce Parlement du Sud enraie maintenant les hommes comme )1. de Hohenlohe, car ce sont les passions exlr~mes qui y domioeraicnl: l'alliance des cléricaux et des démocrates met en péril Ioule politique

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