8 llISTOIHE SOCL\ LISTE maréchal CanroLerl, destitué de eecours, n'ayant plus de munitions, dut céder enfin :,;ainL-Prival après une des plus belles et courageuses résistances dont l'histoire des hommes fasse mention. L'armée rrançaise était définitivement conpéc de Verdun ou du moins il lui faudrait désormais, pour se dégager cl n'être pas bloquée Jans Mctz;un etiorl infiniment plus dirficile. Pendanl que Bazaine s1allardail cl s'immobilisait ainsi autour de :\lelz, un autre drame se nouait à Ch.lions. Cne armée allristée cl dolente, mais puissante encore et dont une conduite habile aurait vile ranimé la fierté, s'y était recon,tituée avec les Muris de l'armée de Mac-Mahon cl des renforts expédiés de Paris. C'était l'armée de Ch"lons. Qu'allait-on en raire? L',\lsace étant occupée pa1·l'ennemi, l'armée Je Bazaine étant à peu pr~s enrcrmé" à ~let,., le gros des forces allemandes allait certainement hâler sa marche- ,·ers Paris. Le plus sage Nait <1uel'armée de Ch,11onsne livràl r,as dans les plaiucs de la Champagne une grande bataille. Elle n'était point encore assez réorganisée el raffermie. ~lieux valait qu'elle se rapprochât de Paris nùn pour s'y enrermerou s'abriter sous ses murs, mais pour manœuvrer. pour surveiller les approches de l'ennemi, pour empêcher par des pointes soudaines ou pour troubler el rompre l'investissement de la capitale. L'ne ardente cité de deux millions d'hommes est presque impossible à forcer par sou<laine violence ou par surprise. Elle esl malaisée ·aussi à envelopper, surtout lorsqu'elle est traversée, comme Paris, par un fleuve qui coupe en deux demi-cercles le cercle d'investissement; el si l'ennemi est placé entre celle cité et une grande armée très manœuvrière, très habile, qui peut se déplacer sans cesse en pays ami et encadrer loules les forces neuves el toutes lçs réserves que lui envoie la nation, bien des chances restent au peuple envahi de rétablir sa fortune. C'est là ce que le général Trochu viol dire à Châlons à Mac-Mahon 8l à !'Empereur. Ce fut aussi la pensée premi0re de ~lac-Mahon, et c'est ce plan que !'Empereur, lui-même, accueillit un instant dans le Conseil de guerre tenu à Châlons. Mais l'intérêt de la dynastie chancelante, ou d~ moins ce qui semblait tel au bonapartisme affolé, l'emporta sur l'intérnt évident de la patrie. Les premières défaites révélant l'insuffisance de la préparation, le mensonge des déclarations officielles, la criminelle imprudence de la politique impériale, .. aient tout ensemble consterné el surexcité Paris. Le ministère Ollivier aurait do se démettre, le général Palikao avait pris le ministère de la guerre, l'impératrice régente sentait monter le sombre flot des douleurs el des colères. Elle pensa que si !'Empereur, renon~anl à disputer nos frontières, rentrait à Paris, il y serait submergé par la révolulion. Qui sail pourtant ce r1ui rot advenu~ Peul-être la France, toute à la lutte contre l'étranger, aurait-elle ajourné le :réglemcnt définitif des comptes avec
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