J. Jaurès - La guerre franco-allemande ; L. Dubreuilh - La Commune

IIIST• llf\.E SOCI.\LISTE 7 restées en arrière, pri's de Motz, se furent à leur tour portées en a,anl. le~ Fraoçais disposaient d'une supériorité numérique triple ou quadruple. Mais il semblerail que le maréchal eat obéi à une pensée unique qui était de ne pas permettre Il l'ennemi de l'isoler de ~letz. Aussi s,• prfoccupa-t-il presque exclush·emenl de son aile gauche, si bien qu'il finit par entasser toute la garde impériale el une partie du sixième corps en face dn bois des Oignons, d'ou aucune alloque ne fut dirigée contre lui. On est tenté d'admellrc que c'étaient exclusivement des coosiMrations politiques qui, dès ce jour, amt•m'rent le maréchal Ba,aine à 1>rendrc la résolution de ne pas s'éloigner de ~lrl, » Quel était ce calcul politique de Uarnine? li halssail l'empereur qui, mécontenl de sa conduite au ~lexique. ne lui ava,l pas fait rendre à son retour les honneurs auxquels il s'allendait el il marqua sa salisfaction, au moment où celui-ci quilla l'armée du Hhin pour aller à Châlons. llazaine avait-il prf,u dès lors l'effondrement de la dynastie sous le poids de la défaite '! Voulait-il rester en quelque sorte à pari de ce grand désastre el, avec une force Il peu pri's intacte appuyée à une !,\'l'andeplace de guerre, demeurer l'arbitre de l'awnir, le mallrr des combinaisons et deaventures? Peul-Mrc aussi ) a,•ait-il en lui lourdeur d'esprit et J,, volu11I(•. Les terril,les défaites <1u• venait de subir l'armée de Mac-~lahon l'avaient sans doute effrayé el, incapable de conduire lui-m~me une grande armée, ne ,oulaitil pas risquer à découvert une éprcu,e décisive. Quand, après l'unlente balaille du 16, le soir Lomba sur les combattants. Ir résultat, m~lé pour les deux armées de succès partiels el de défaites ·partielles, restait incertain. A aucun momenl de la journl>(' Bazaine n'avait concentré ses forces contre un ennemi ('11coretrès inrérieur en nombre. mais l'armée pensait que la lutte serait reprise le lendemain à l'aube. Il n'en fut rien. Le maréchal Ba,aine, alléguant la nécessité de la réapprovisionner envi, resel en munition~. lui fit commencer un mou,cmenl de retraite vers Metz. Mais l'état-major allemand utilisa celle journée; il hùla le mou, emenl de ,cg troupes; des renforts passèrent la Moselle et le 18 au malm 1'20,000 soldats allemand•, armés d'une artillerie supérieure, se déplo~·aicnt conlre 1'20,000 soldats fran,;ais. L'armée française faisait face à l'ouest, l'armée allemande qui a, a,t achevé aon mouvement tournant faisait face à l'est. L'armée fran~aise occupait, de gauche à droite, les fortes positions de Gravelotte, d'Amonvilliers, de SainlPrivat. Ladmirault, Frossard, Canrobert commandaienl. Ici encore, comme il Forbach, les troupes fran~aises, protégées à la fois par les escarpement, de lerraio et par les tranchées-abri restenl sur la dHensive, une défensive d'ailleurs héroïque el furieuse. Ce aont les Prussiens qui li,·r.·renl l'a,saul avec un courage, un élan ~, une obstination admirables. Cel a1Saul aurait pu être repous•é si le maréchal Bazaine avait surveillé l'ensemble de la bataille el avait porté ses réserves sur le, pomls 1Mnacés et en particulier sur sa droile; mais il resla inerte el comme rndofTi-rt·nl. Et le

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