J. Jaurès - La guerre franco-allemande ; L. Dubreuilh - La Commune

HISTOIRE SOCI.\LISTE !) une dynastie funeste. En tout cas, le prince Napoléon, présent au conseil de guerre de Chillons, avait raison de dire à !'Empereur : • Si nous devons p(·rir. péris~ons avec honneur, ne fuyons pas la capitale.» )lais l'impératrice voulait qu'un suprème effort fllt tenté pour reconquérir le terrain perdu. elle insistait pour que le maréchal de Mac-Mahon se dirigent vers l'est essayant de rejoindre Bazaine. Celui-ci, du lG au 22 aotlt, avait adressé à illac-)lahon ot à !'Empereur plusieurs dépêches ou mi~sîvcs, dont une au moins leur parvint, pour leur dirr qu'il espérait sortir de )letz et, par ~lontmédy el les places du :\'ord, opérer sa retraite el rejoindre Mac-Mahon. Celle dép<'che aeheva de dissiper les hésil•- tions du maréchal de )lac-)lahon. Il espéra faire sa jonction a,ec Bazaine. Il croyait d"ailleurs qnïl n'aurait d"abor·d devant lui que l'armée du princ,• de Saxe nouvellement formée par il!. de illoltkc clforle seulement dc80.000 hommes. L'armée du prince royal, celle qui l'avait vaincu à \\'issembourg, était encore en arrière, il le suppo'l;ail du 1lwins1 de deux ou lroisjours de marche. 11 espérait la gagner de vitc-SSl' en rtmonlanl vers le nord. Mais il ne prit pas au plu~ ~ourl. L'armée du prince royal, avertie de la marche de !"armée fram;aise, se hàta vers le nord. Bazaine, informé cependant de la marche de ~lac-illahon, ne tenta pour sortir de Melz que de médiocres cflorls, et lorsque Mac-Mnhon arriva à Beaumont, il s'y heurta, avec sa seule armée. aux forces combinées de !"armée du prince de Saxe el de l'armée du prince royal. L'armée fran~aise vaincue passe de la ri,·e gauche de la ~Jeusc sur la rive droite pour se couvrir du fleuve, mais elle ~tait resserrée dans un espace étroit entre la rive droite de la Meuse el la frontière belge. Les Allemands qui, à Forbach cl à Rezonville, avaient été inférieurs en nombre, qui, à,Saint-Privat, avaient opposé aux Fran.çais des forces égales, disposaient cette fois d"unc grande supériorité numérique : '200,000 hommes contre 120,000. Elle leur permet d'opérer une manœuvre puissante et hardie. Ils passent la Meuse à !"est et à l'ouest des positions françaises el enveloppent ainsi notre armée. Leur artillerie la foudroie. Mac-~lahon blessé vers 6 heures du matin remet le commandement au général Oucrol. Celui-ci, ,·oyant la manœuvr·e d"enveloppemenl veut porter toutes ses forces vers l'ouest, vers le cah·aire d"llly. pour tenter de s'échapper, même au prix des plus grands sacrifices. ~lais le général de \\'implîen, qui avait une lettre de service du ministre de la guerre Palikao. croit que la manœuvre de Ducrol est impossible cl il essaie de trouer vers l'est, dans la direction de ~letz, le cercle formé par l'ennemi. Il ramène vers Bazeilles les troupes étonnées par ce flux et reflux et qui resseir.blent déjà à une lugubre épave que roule en ses mouvements contradictoires une marée de désastres. Dans Bazeilles meme uoe Julie atroce s'engage. Les soldats de la France lullenl désespérément, mais ils sont accablés par la force du nombre, par une arlillerie supérieure et foudroyante el aussi par le poids accumulé des fautes

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