J. Jaurès - La guerre franco-allemande ; L. Dubreuilh - La Commune

HISTOIRE SOCIALISTE aboutir en li> 18 par la Hévolution dl'mocraliquc, aboutir mainlcnanl sous l'impulsion el la discipline de la Prusse. <• :'\ous a,·ons liesoin au ~lidi de l'alliance italienne, mais il nous csl non moins ul•c(H:.saire de comptc-r au '\ord su,· l'amitié de L\llcmagne contre la llu•sie, contre c<'llc puissance colossale qui s'avancera il en t::urope si on la laissait faire: l'Ailemagnc esl notre rempart, notre rérilable a,·ant-garde. t.llarques ,rappro/,a/ù,,1.) « Pour que celle union cnt,·e la France cl l'.\llemagne, qui importe lanl à noire sécurité, existe toiijours, la premii•re condition, ou plutôt l'unique condition, c·esl que l'Alh:•magn<• soit bien con\'aincuc de notre- désinlt'rr~srm<-nl, c·est qu'elle soit bien persuadée que nous n·a,-ons pas le désir d'un agrandissesemenl de son côté. Xous demandons qu·elle n'i-lablisse pas à nos portes, comme une menace contre nous, une unité factice qui serait dangereuse par cela mèmc qu'elle serait factice: mais qu'elle se développe, qu·elle se fortilie cl, son indépendance n·étanl pas menacée, qu\•llc ne renonce pas à sa belle rnriélé, qu'elle so1l prospère cl puissante: Voilà ce que nous lui souhaitons d'un cœur sind·re et sans arri(\re-pensée >l. Dans le mt'me ordre d'idées, el avec une lri's grande force, )1. Emile Ollivier, parlant le!~, a,,,-il lS(i~ sur la queslion romaine, défend contre )1. Thiers l'unité italienne.,\ ,·rai dire, quand il tourhe à la question du pouvoir temporel, ce n·est plus avec la netteté de son discours de 186·2 ou ilu discours qu'il prononça à Turin le 10 juin 1864; on di rail que sa pensée hésite el gauchit. Il ne dit plus que, dans lïntérN même de la religion, Je pouvoir temporel du pape doit disparaitre, el son enthousiasme pour l'unité ilali,,,rne s·arrNe au seuil de Rome. Il bli\me tous ceux, révolutionnaires ou modérés qui, deparli pris, veulent aller à Home; mais il définit de telle sorte les conditions d'existence cl de légitimité du pouvoir temporel, qu·~n fait, celui-ci est condamné à disparaitre de,·ant le libéralisme el la démocratie. Au bout de raisonnements compliqués, s,nueux el presque tortueux, c'est la même conclusion quï se retrouve. Examinant leseffel11 probaliles de la convention du 15 septembre, par laquelle la France s'engageait à retirer ses troupes de Rome aussitôt que le pape ne serait pas menacé, et par laquelle l'llalic s'engageait à ne pas ,·iolcntcr le pape, ~I. !~mile Olliviel' disait : « Deux opinions se partageaient les esprits: La première était celle du parti unitaire italien. Elle consistait à dire : Home appartient à l'Italie. IJarrs tous les pays ou l'on prononce la langue italienne, le droit de ln nationalité préexiste; el que les habitants le veuillent ou qu'il s'y opposent, sans qu·on ail besoin de les consulter, loul pays circonscrit dans le territoire italien est italien. C'était la doctrine de )lazzini, de Garibaldi el de ce qu'on appelle le parti d'action. • Le parti modéré, celui des hommes politiques attachés à M. de Cavour, aboutissait au même résultat mais par un chemin el des arguments loul différents. M. de Cavour, qui était un homme d'État de premier ordre, ne se piquait pn de faire des théories; il se contentait de poursuivre son but par les moyens

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