132 HISTOIRE SOCIALISTE qu'il croyait le mieux adaptés aux circonstances. Or, il avait cru, à lorl selon moi, qu'il faciliterait cl h~lerail la solution de la question romaine en affirmaul que la possession de flome était nécessaire à l'Italie, que sans flome l'unité italienne, ayant un corps sans ttllc, ne pourrait se réaliser au grand détriment de la sécurité européenne. li demanda il donc Home comme le parti d'action, mais seulement en vertu d'une prétendue nécessité politique, tandis que les unitaires purs la réclamaient au nom de leurs principes de la nationalité. « Tant que la queslion restai! posée dans ces termes, il était bien évident qu'aucune transaction ne pou l'ail intervenir entre la France et l'Italie. Aussi, combien de fois, causant avec des hommrs d'l~tal italiens, mes amis, ne leur ai-je pas dit: \'Olre politique esl maul'aisc ! Vous croyez dire quelque chose d'irrésistible en invoquant la nécessité de votre unité. Mais vous allez vous allirer de la parl des catholiques une réponse formiqable el qui sera sans réplique. La nationalité italienne veut Rome, vous diraient-ils, eh! bien, la catholicité ne peul s'en passer. El il est certain que si, pour prononcer entre les deux prétentions, la raison dï::tal doit• être seule consultée, l'inlérèl ,lu catholicisme, ne serail-ce que par le nombre de ses adhérents, l'emporterait sur celui de l'Italie. Tant que vous posez la question dans ces termes, vous la rendez insoluble; elle ne pourra faire un pas et vous serez condamnés à des déclamations creuses ou à des attentes stériles. Le moyen de sortir d'embarras n'est pas là; il est dans l'acceptation de cette maxime que le pape a une souveraineté que vous devez reconnaîlre, accepter, protéger, à une condition: c'est qu'à son tour elle soit placée dans les conditions ordinaires de toutes les souverainetés humaines. Voilà la solution, leur disais-je; elle est là et non ailleurs (.lfouvemenls divers). « ••• La convention du 15 septembre n'est plus maintenant difficile à expliquer: la souveraineté temporelle du pape reconnue, mais replacée aussitôt dans les conditions de toutes les souverainetés, voilà en deux mots ce qu'elle signifie. Elle repousse la solution des unitaires et de )1. de Cavour, elle obtient de l'Italie la déclaration que désormai~ l'Italie ne prétendra plus à Home en vertu du droit des nationalités ou en vertu de la nécessité de sa constitution intérieure. Mais, en échange, elle reconnall que la souveraineté temporelle du pape sera désormais dans la condition des souverainetés ordinaires ..... La convention du 15 septembre ne peul signifier que ceci: l'Italie n'a pas un droit particulier sur Rome, mais la calholicilé n'a pas davantage un droit particulier el exceptionnel sur cette ville... (Mouvements p,·olongés en sens divers.) La convention ayant écarté toutes les prétentions excessives, le patrimoine du Saint-Siège n'appartiendra ni aux catholiques ni aux Italiens. Il constituera une souveraineté indépendante sur le sort de laquelle n'auront plus à se prononcer que le pape el ses sujets. » En vérité c'est une façon bien abstraite el bien factice de poser le problème. Eliminn comme quantités négligeables en droit les aspirations de l'Italie à
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