HISTOIRE SOC1ALIS'l't,; laissé s'opérer la séparation des duchés el du Danemark en restant passive, sans y contribuer, mais sans s'y opposer non plus; j'affirme qu'elle n'avait pas d'autre conduite à tenir. (Très bien' lrès bien() " U'abor<l, ~Lessicurs, parce que cette séparation était légitime, conforme à la justice el à nos principes. Dans l'affaire des duchés, il y a eu, en effet, longtemps en présence une force el une faiblesse; ,nais la force c'était le Danemark, la faiblesse c'étaient les Allemands des duchés. Cette faiblesse ne s'est convertie en force qu'après des années d'épreuves, lorsque la Prusse el L\utriche, !)Our des raisons que je n'ai pas à ex.amiuer, pratiquant ce qu'elles ne sont pas accoutumées à pratiquer, ont mis de gros bataillons au service de la justice el du droit des peuples. - Depuis 1815, il se passait dans les duchés un drame comparable à celui qui .se déroulait en Lombardie. Dans l'un el l'autre pays. c'étaient des populations opprimées, écrasées par des dominateurs étrangers. Dans l'un el l'autre pays, un divorce existait entre les gouvernants el les gouvernés, les langues étaient diJTérenlcs, les habitudes clissemblables, les t1•aditions sans o,·iginc commune. Les Danois, du reste, sentaient aussi bien que les Allemands des duchés, l'impossibilité d'une réunion paisible. Ce qui seulement était débattu, c'était de savoir si les Danois s'étendraient jusqu'à l'l::idcr, ou si les Allemands deviendraient libres jusqu'à. la Kœnigsau. " Cn premier déchirement a eu lieu en. 1848; mais. alors c.es mouvements émancipaleu1·s ne réussissaient pas, et sur l'Elbe il y eut une dérou.le comparable à celle qu'a subie l'Italie après la. Mfaile de ;'\ovare. Dans ces derniè,·es années, l'œuvre a été reprise, el celle fois avec un succès d'autant plus grand qu'elle a eu pour·auxiliairns ceux qui l'avaient Lravenée, comprimée en 1848. \'oilà. le mouveml'nl qu'on reproche à, la France de n'avoir pas. empêché. Oui, ~lessieurs, dans le m.~me discours on regrelle. que le traité de \ïllafranca, qui était bien aussi signé par la France, n'aiL pas élé. suffisamment déchiré, puis on se plaint que le traité de Londres L'ail été trop. " li esl vrai qu'on pou.vail pressentir dès lors que M. de 13isa:ui.-ck, au lieu de faire eglrer les duchés, libérés du Danemarck. dans la Conl'é.dél:ation germanique, les annexerait à la monarchie prussienne. El M. Emile Ollivier se trompe quand il imagine qu'il sufftra de ne pas intervenir pour que M. ~e Bismarck, laissé seul aux prises avec l'opinion libérale de l'Allemagne, soit obligé d'abandonner ce que son dessein a d'égoïste el de. violent el de n'ei> retenir que ce qu'il a cl'éq,nitable. Mais si U. Émile Ollivier se trompa.il sur l'avcoin immildial, il avait raison dans l'ensemble cLpour les jonr8 loinlains. Cat· l'œavre d'organisation allemande au~ail été bea1tcou11moins prussienne el beaucoup plus allemande, si l'ombre mcna1;ante de la France n'avait pas pesé sur L'u1ütéde l'Allemagne en formation. Cette unité même, M. Émile Ollivier W! la. souhaite Di shicle ni militarisée: mai& OD. devine que, considérant 1& fermu.ien de l'Allem.agne comme un droit, il se résignera à voir l'unité allem&Dde, qui n'a pu
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