HISTOIRE SOCIALISTE 129 peuple; elle se leva, elle prit dans se5 mains l'étendard de la nationalité, l'éten• dard de l'unité, et elle fil sacrer à Reims son roi clsa patrie (très bien! très bien !). Et depuis, la France a élé puissante, forte el glorieuse. Pourquoi nc, voudrionsnous pas que l'Italie devienne à son tour puissante, forte el glorieuse? (Marques d'app,·obalion). Pourquoi éprouverions-nous des inquiétudes, de l'ombrage, parce que, à nos côtés, d'autres s'élèvent el se civilisent? Je comprends autrement la grandeur de mon pays auquel je suis aussi profondément attaché que vous. Ce que je ,·eux pour lui, ce que nous devrions tous vouloir pour lui, ce n'est pas qu'il soit grand au milieu des faibles, mais qu'il soit grand parmi des forts (très bien '); non pas quïl soit puissant au milieu de nations partagées el divisées, mais qu'il soit puissant au milieu de nations compactes et aOranchies, de manière que l'Europe soit semblable à la lyre aux sepl cordes donl parle le poêle antique, dont toutes les cordes vibraient harmonieusement unies. )) Evidemment, cela vaut pour l'Allemagne comme pour l'I Lalie,el à mesure que va se développer la crise allemande, M. Emile Ollivier n'hésitera pas devant l'application de la doctrine internationale qu'il a dès l'abord formulée. Après les élections de 1863, quand, dans l'opposition accrue, il commence à s'isoler un peu, à se frayer un sentier à part, il est le seul qui parle d'emblée des choses allemandes avec quelque équité el quelque largeur de vues. Il disait, le 2ï mars 1865: « Par une contradiction, en vérité, que je ne puis comprendre, les m~mes personnes qui demandaient au Gou veraemenl de reconnall,·e aux Romains le droil de disposer d'eux-mêmes l'ont pressé, dans les alTaires d'Allemagne, d'aider le Danemark à maintenir une domination délestée sur des populations qui, depuis 1848, livrent au Xord un combat pour l'indépendance semblable à celui qup les Italiens soutiennent, depuis la même époque, au Midi. Le Gouvernement a été plus sage que ces conseillers. Il n'a pas cru qu'il lui fût permis en Allemagne de violer le principe qu'il respectait en llalie; et, au Nord comme au Midi, il a subordonné sa politique au principe de noninlervention. Je l'en félicite hautement.» Quelques jours après, le 10 avril 1865, il précise et justifie sa thèse, en réponse à un discours de Jules Favre: " Dans l'intérêt de la politique générale de mon pays, je serais désolé que l'on pùl croire en Allemagne que l'opinion du parti libéral français, sur la queslion d1noise, est celle qui a été exprimée par l'éloquenl M. Jules Favre. A l'entendre, le Gouvernement mérite les critiques les plus vives; il n'a cessé de flotter de l'incertitude à la contradiction. Selon moi, il ne mérite que des remerciements pour la logique el la sagesse de sa conduite. (Très bien! très bien!) « Sans entrer dans les détails épineux d'une question diplomatique allemande, el en ne sortant pas d'explications Ioules françaises, je crois qu'il me sera facile de justifier mon opinion. • Qu'a fait la France dans la question allemande? quelque chose de bien simple qui, pour être compris, ne demande aucun développement. Elle a
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