J. Jaurès - La guerre franco-allemande ; L. Dubreuilh - La Commune

HISTOIRE SOCIALISTE 12ï de Jules Favre pour delourner de la France, eu 18ï0, la grande épreuve de la guerre. Mais l'homme qui avait le mieux compris, dès l'origine de la crise, la légitimité, la nécessité de runilé allemande, celui qui a,ail le mieux vu cl dit le plus nellemeuL depuis 186;;, depuis l"afTairc des duchés, que la France n'avait pas le droit de s'opposer à l"efîort d'unité de l".\llcmagnc, el qu'elle ne le pourrait sans compromellre à la fois la liherlé el la paix, c'est ~I. !~mile Ollivier. Il avait devancé en ce point de plusieurs années le manif,•sle républicain de H',68,el il semhlait ne s'Nre s,·paré en ces questions de ses amis répuhlicains que pour aller d'un pas plus décidé cl plus rapide dans la voie où ils s'cugageaienl à leur tour. ûn tragique destin pi,se sur cel homme; mais le jugement de l'historien ne doit pas en t'lre accahlé. J'essaierai de préciser ses responsahililés, el je crois, aprè~ nn examen imparLial, qu·dtes sont terribles : car plus il avait vu nellcmcnl la droite voie, plus il est inexcusable d'avoir laissé la fortune de la France, quand il était au pouvoir, s·cngager dans le chemin qui m~ne à rablme. ~lais le premier devoir, c'est d'essayer de comprendre. Dès quïl esl er\tré au Corps législalir, c·esl pour une polique de paix que M. tmile Olli,·ierse prononce, mais de paix franche, certaine, assez sùre d'ellemême pour pouvoir désarmer. li dil le 6 juin 1861 : « Cc que je considère comme néfaste pour le pays, pour sa prospérité, pour son repos intérieur, c·est celte paix indécise. et sans sécurité, c'est celle paix d'où l'on craint toujours de voir sortir la guerre, qui cependant n'est pas la gucrr·e; celle paix qui ressemble au temps orngeux où les nuages, chargés de lempt'le el d'élcctricil~, passent au dessus de nol~e tèle sans éclater, mais en faLiguant, en éuerranl, en ôtanl la force. Je demande doue au Gouvernement, el je puis le faire sans Nre chimérique, car dans les questions européennes U'ai cet orgueil pour lui comme pour mon pays) il a une telle influence que lorsquïl veut résolument une chose, il y a une grande espérance que celle chose soit. Je demande au Gouveroemenl qu'après avoir conclu des traités de commerce, il pose nettement à l'Eu,·ope la question des traités de désarmement. Que la France sache quelle est sa situation! S'il y a des questious d'honneur, des queslions de liberlé à vider par les armes, nous sommes prNs à les soutenir; le pays fera des e11orls énergiques, vigoureux. Si, au contraire, nous devons, gràce au respect du principe de non intervention, gràce à une politique expansive, libérale, mais non armée, si nous devons surtout songer à développer la puissance, la liberté, la sécurité intérieure, ch bien! alors, après avoir fait les traités de commerce, faites les traités de désarmement. • A vrai dire, M. Émile Ollivier qui était un des cinq, oc faisait que traduire alors le thème commun du parti républicain renaissant. C'est de mème la pensée commune des républicains qu'il exprime lorsque, dans un discours du 12 m•s 1862 sur !3 quesLion romaine, il déclare très haut que le pouvoir lem-

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