126 IIISTOJR8 SOCL\LJSTE En toul cas. cdt,• sorle de manil'eslc du parti répuulicain en 1868 dégage, dans une la,·ge nwsurc, la re;ponsauilité de la Mmocrnlie républicaine françai,r. Elle a,·ait, certes, commis bi•n des fautes; elle n'avait pas compris, dès la première heure, le sens des événements. Elle n'avait pas vu lo fond du patriotisme ,illemand qui soutenait les entreprises de la Prusse; elle avait eu des paroles de jalousie mesquine cl de menace, el par là, elle avait grossi le fond des pensées haineuses accumulées dans les cœurs allemands. )lais sous la h-<:ondes faits qui révélaient la complicité secrète de la conscience allemande avec la brutalité prussienne, el à la lumière des grandes idées de liberté cl de paix. la démocralle républicaine de France se débarrassait de toute politique offl•nsive, jalous<' ou ambigu('. Désormais, ni l"Empire franc;ais, ni ~l. de Bis• marck ne peu,·ent alléguer, pour justifier le recours à la force el aux aventures, c1ucn><'meles républicains de France n'acceptent pas l'unité allemande. L'Empire ne peul plus prélendre qu'il est obligé <le chercher une revanche de Sado" a, puisque l'opposilion lui reproche Sadowa comme une humiliation. Désormais la démocratie assume la rcspon$abililé de l'acceptation des faits, cl elle accueille ouvertement la pleine unité allemande. )1. de Bismarck ne peut alléguer quï! est contraint de brusquer les événements cl qu'il n'a rien à allendre de l'évolution intérieure de la France puisque, même les ~nnernis de l't'mpirc, \'Culent emp{·cherl'uoité allemande. Les républicains françaisou,.,.aienl de,·ant l'Empire el deranl M. de l.lismar,·k, devant la France el la Prusse cl l'Europe, une large roule de lumière et de paix. Ce n'est pas seulement en son nom personnel que parlait Jules Favre, mais réellement au nom de Ioule la gauche, au nom de Ioule la France démocratique. )!ème les hommes comme le noble républicain cl vigoureux penseur, Alphonse Peyrat, qui avait le plus vivement conseillé avant Sado\\'a une aclion de force contre la !'russe, même ceux-là comprenaient maiolenanl que toute politique de recrimination el d'hostilité ne pouvait faire que le jeu du despotisme; cl l'on peul suivre en ce sens, de 1865 à 18i0, dans son journal l'A venir national, le mouvement de sa pensée el de celle de ses amis. li se refusail, tout d'abord, à solidariser la question italienne et la question aHemande. li adorait l'llalie nouvelle el il détestait )1. de Bismarck: el cc fui pour lui un grand lroublc quand il vil l'Italie se faire l'alliée de la Prusse. Son .(lmour pour l'Italie n'en ful pas effleuré; mais son hostilité contre la Prusse en fui, sinon allénuée, au moins gènée. Puis, la politique à la fois détestable eCcohérentc de M. Thiers qui cornballait lout ensemble el pour les mêmes raisons l'unité italienne el l'unité allemande, rendit plus difficile encore à Alphonse Peyrat de maiptenir sa position première. S'associer à M. Thiers dans la lutte contre l'unité allemande m<lmeréalisée par l'ambition prussienne, c'était le fortifier dans sa lutte contre l'unité italienne, c'était servir sans le vouloir le pouvoir temporel cl la papauté oppressive qui multipliait les défis à l'espril moderne. C'était d'aiÎÎeurs fournir au césarisme napoléonien des moyens de diversion. Alphonse Peyrat s~ra aux côtés
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