J. Jaurès - La guerre franco-allemande ; L. Dubreuilh - La Commune

HISTOIRE SOCI.\LJSTE 123 sous la tyrannie de son joug; mais ce qu'il y a de certain, cependant, c'est que /'œuvre se petïJéllle el se consolide. » M. ÉM11.E OcL1v1En. - C'esl cela! ~ M. frLES FAv11c.- Qu'y toucher serait non seulement une imprudence, mais encore un acte d'ingérence contraire à notre droit, lanl que celle œuvre n'est pas menaçante, ou pour notre nalionalilé ou pour notre honneur. (Asse11li111enl à la gauche de l'orateur.) « Eh bien! Messieurs, de là je lire celle conséquence, qui peul-fltrc va vous paraitre exorbitante, el qui cependant esl le dernier mot de mon opinion sur ce point: c·es/ que, au lieu de chercher à semer des divi•ions en Alle111ag11e,nous devo11s par/oui y pr€cher la pacification. (Nou,·el w,se11ti111e11su/ r les mêmes ba11cs,)La pacificalio11, 11011 pas seulement e11ce qui louche la Confédéral ion du .Yord, mai./ la pacificalion en ce qui lowhe la Co11(édéralio11du Sud, car 11ous 11·avo11saucun inlére'I à ce que les rivalités se conlinue11/ e11/re les deux parties de /'Alle111ag11e. « li faut bien, en e0el, que l'Europe le sache : aujourd'hui, c'est là seulement ce qui esl juste el raisonnable, car il n'est pas possible que deux rivaux se déchirent sans que les neutres en soient, jusqu'à un certain point, victimes, C'est là, permellez-moi de le dire, l'aurore d'un système nouveau qui doil laisser de côlé les vieilles théories d'équilibre européen, de nécessité de possession de lei, ou Ici territoire par telle ou telle puissance. (A-ssenlimenl sw· divers ba'lcs.) Les sentiments onl aussi leur grandeur; il ne doit plus y a,oir désormais entre les nations de l'Europe qu'un lien qui les unisse étroitement: ce lien, c'est celui de la paix, de la solidarité enIre Lousles iolérfts ! ... « Aussi, Messieurs, à mon sens, la politique de la France doit-èlre celle-ci : pacification de Lousles Étals de l'Allemagne. Elle n'a pas à protester contre ce qui se fail en Prusse, car elle a tout apprduvé, loul ratifié. L'ambassadeur de Prusse n·existe plus : il est remplacé par l'ambassadeur de la Confédération du 'ord, qui a élé accepté. En conséquence, s'insurger èontre ces faits accomplis, y rencontrer des souvenirs de vifs rcsscnlimcnts, des prétextes de défiance el de haine, c'est là une erreur capitale qui a fail peser su,· la nation le malaise qui lui a été si funeste el qu'il faut à toul prix clissip~r. \Approbalio11 à la gauche dt l'orateur.) « Mais, Messieurs, on ne le dissipera pas par des paroles. MM. les Ministres se succéderont à celle tribu.ne : il y aura toujours derri~re eux cel interlocuteur caché qui esl la conscience publique, el qui, en présence des armements que vous accumulez, dira: MM. les Ministres sont animés des intentions les meilleures, mais elles ne suffisent pas, et, lanl que nous ne verrons pas les faitB, nous ne pourrons pas y croire. • De telle sorte, Messieurs, que s'il était impossible, ce que je ne crois pas, que la France donm\L l'exemple el qu'elle eùl la sagesse, dans son indépendance, dans sa force, el, je peux dire, dans son inviolabilité, de désarmer aux

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