122 IIISTOIR.E SOCIALISTE « tend sauvegardrr en Italie. Sa politique; qui désavoue Ioules les ambitions de « eonqul'lc, ne poursuit que les salisfaeliom, cl les garanties réclamées par le « droit des gens, le bonhenr des peuples el l'inlért\l de l'Europe. En Allemagne " comme en Italie, elle veul que les nationalités reconnues par les traités " puissent se maintenir cl mèmc se fortifier, parce qu'elle les considère « comme une des bases de l'ordre européen. « Repr/·senlcr la France comme hostile à la nationalité allemande n'est « clone pas seulement une erreur, c'est un contre-sens. « La politique de la France ne saurait avoir deux poids cl deux mesures; « elle pèse avec la mt\mc éqnité les inlérèls de Lous les peuples. Cc qu'elle veut " faire respecter en Italie, elle saura le respecter elle-même en Allemagne. » « Voilà un langage donl la nellel~ esl parfaite; il ne laisse aucune ambiguïté sur les desseins du gouvernement, el le 12 janvier 1863, dans son discours d'ouverture de la session législative, l'l~mpereur disait: « On se plait ordinairement à chercher dans les actes des souverains des « mobiles cachés cl de mystérieuses combinaisons; el, cependant, ma poli- " tique a été bien simple : accroitre la prospérité de la France cl son ascen- « danl moral sans abus comme sans affaiblissement du pouvoir réuni entre « mes mains; à l'extérieur, favo,·iser dans la mesure du droit et des traités, « les aspirations légitimes des peuples vers un meilleur avenir ». « Je sais que ma discussion ne serait pas loyale si je n'avertissais pas la Chambre à cet égard que !'Empereur, en tenant ce langage, parle des traités. ' .lfais n'a-t-il pas été le premier à reco11naîlre leur insuffisance, el 11eles a-t-il pas déchirés lui-mi!me el de so11 épée el de sa 'parole? n'est-il pas évide11/ que /orsq11'onparle de la nécessité de /'11nificalion de l'Allemag11e, ce respect dli a11x traités ne pe11/ tromper perso11ne? Il s'agit de l'expansion d'une gr·ande pensée 11ationale à laq11el/ejamais la France ne fera obstacle.» « ... J'ai mis sous vos yeux, Messieu1:_sd, es documents antérieurs et des documents postérieurs aux événements des mois de juin et de juillet !86tl. lis contiennent tous le mème enseignement. C~l enseignement a une force irrésistible: c'est que, •opposer aux desseins el aux desti11ées de l'Allemagne, ce serai l 1111feolie coupable, ce serait me/Ire contre no11s Ioule la race germaniq11e; ce serait, comme le dil bien M. le comte de la Tour d'Auvergne à lord John Russell, entreprendre une guerre qui serait le fléau de l'Europe, qui la couvrirait de ruines el de sang. Par conséquent, nous ne pouvons songer à une pareille politique. C'est vers de loul autres desseins que nous devons nous tourner. « Si ce sont, Messieurs, d'autres desseins qui doivent nous inspirer, à bien plus forte raison devons-nous les suivre lorsque les rails ont parlé. « Certes, Messieurs, je ne veux pas dire qu'il y ail tout à approuver dans les procédés de M de Bismarck; j'ai protesté énergiquement contre eux à celle tribune : j'ai rappelé à la Chambre comment il avait courbé les populations
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