J. Jaurès - La guerre franco-allemande ; L. Dubreuilh - La Commune

124 llISTOIRE SOCIALISTE yrux clr l'Europe, de lui monlrcr la voie el de lui apprendre ainsi qu'elle n'a au!'une espèce de crainte cl qu'elle a asse,. de roi dans le polriotismc de ses enronls pour soulager leur poitrine des armures qui les étreignent... (Rume11rs sur 1111 grand nombre dt hancs. - l'ive approbation à la 9a11cht dt l'ora/wr.) Si, clis-jr, la Fronce avait celle sagesse, elle forait un grand acte, cl oa parole ne rencontrera il plus les résistances de l'hésilalion el du doule. • ~lais, si on ne veut pas aller jusque-là, quelle peul èlre, je le demande à ~ni. les ~linislrcs, la raison qui leur forait repousser la campagne diplomatique que je leur pl'Oposc? (Ah! ah!) Pourquoi, au lieu de se tenir clans les sous-entendus, de néghger d'aborder celle grande el vitale question, n'en foraient-ils pas dès demain le sujet, je ne dirai pas de leur correspondance, mais de leurs intimations diplomatic1ucs'! (,l/01wemt11/.) Pourquoi n'appelleraient-ils pas à leur aide la publicité? ... Cc n'est pas par le secret, c'est par l'opinion publique qu'on gouverne les peuples. Si vous les mellez avec nous, sïl csl entendu que vous prêchez le désarmem~nt, si vous le demandez aux puissances étrangères, si ,·ous les sommez d'avoir à faire connaitre quelles sont les raisons qui les engagent à maintenir cet étal sauvage, barbare, qui est indigne de la civilisation (Très l,ien ! très bitn ! à la 9a11chedt /'orateur. Hxclamalio11s sur plusieurs b11ncs.), qui est la honte du temps où nous vivons, il faudra bien qu'elles mus rèpondent. » C"est un document capital. C'est le manifeste définitir du parti républicain sur les choses d'Allemagne cl la situation européenne. Les c~prils lourds, qui raillent sans comprendre, souriront ou s'indigneront de celle politique de dé,armcmenl affirmée deu~ ans a,·anl le le,·rible conflit qui mettra aux prises la France el l'Allemagne. )lais qui ne voit qu'il raut prendre la pensée de Jules Favre tout enlii-re, el que si on la coiv,iùère dans tous ses termes elle n'est ni nahc, ni imprudente? Oui, il y aurait eu folie à proposer le désarmement de la France si on avait formé contre la Prusse des desseins agressirs ou mème si on avait inquiété l'Allemagne par d'obscures arriÙe-pensées. ~lais si la France avait proclamé, comme Jules Favre le demandait, qu'elle acceptait décidément les faits accomplis, el qu'elle ne s'opposait pas à un progrès nouveau de l'unité allemande, si elle arnil proclamé qu'elle renonçait à exploiter les résistances et les défiances particularistes des Étals de l'Allemagne du Sud cl qu'elle conseillait au contraire à ceux-ci de se rapprocher de la Conrédération du :\'ord. si elle avait déclaré que les termes du traité de Prague ne pouvaient gèner la nécessaire expansion de l'unité allemande, el si, pour prouver la sincérité de sa politique, elle avait la première déposé le glaive, comment M. de Bismarck aurait-il pu lui chercher querelle? Comment aurait-il pu sou• lever contre la France le sentiment national allemand pour réaliser par la baioe commune de l'ennemi héréditaire l'unité sanglante de l'Allemagne·? C'est par d'autres voies pacifiques, c'est sous d'autres formes, c'est sans connit avec la France que celle-ci se serait accomplie.

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