J. Jaurès - La guerre franco-allemande ; L. Dubreuilh - La Commune

HISTOIRE SOCIALISTE 121 libremenl consultés, car c·csl du consenlemcnl que naît le pouvoir: quand cc consentement esl pur de toute espèce de violence, il csl la source légitime de l'au lori lé: el c·esl Je système, le principe que la F, ancr doit chercher à faire prél'aloir dans Ioules ses relations avec les nations ,·oisinrs. (Très l,ien ! à la gauche de l'orateur.) " Cela élanl, est-cc que nous pouvons dire que les grands év{·nrmenls qui se sont accomplis en Allemagne el qui participent à la fois cl du principe de la souvcraincl6 nationale cl de ce syslème dangereux cl funcsleauquel je donnais le nom de système des nationalités, pris dans le mauvais srns, bien cnle_ndu. est-ce que nous pouvons dire que ces grands 6'-énemenls se sonl accomplis sans notre participation! Il y a quelques jours, :llessieurs, je vous disais qu'ils se présenlaienl à nous avec une lellc force cl une lellc autorité qu'il fallait les accepter. C'est la raison du fait; mais il y en a une autre supérieure, c·est celle du droit. '.\ous pouvons dire que nous avons fail lïndépendanc<· de l'lialic. mais nous pouvons dire, avec la même justesse, que- nous avons contribué, et dans une notable mesure, à l'unité de l'Allemagne. '.\on seulemcnl, quand clic n'élail point encore faile, son évenlualilé ne nous a pas alarmé$; mais nous l'avons provoquée, désirée, appelée de tous nos vœux; et au nom de quel principe'! Précisément nu nom de ce principe de la souvcrainelr nationale qui s'affirme par le libre consentement des populations, se cherchant, s·unissanl. non pas dans le sang el les larmes de la guerre, mais dans le libre échange d'un commerce pacifique do négociations qui doivent conduire il se faire réciproquement entendre el à appeler le commun accord qui peul les transformer. • Voilà quelle élail, en 1859, c'est-à-dire à une époque où les évén(•mcnls qui se sont accomplis étaient certainement en dehors de loulcs les prévisions humaines, voilà quelle élail la politique de la France, ncllcmenl accentuée dans les documents officiels. « Je pourrais étaler un grand nombre de documents il celle tribune; j'abuserais de votre patience; mais ils ne nuieraicnl pas à la force de ma démonstration qui m'apparait avec la clarté de l'évidence. Cependant, pour n'en citer que quelques-uns, laissez-moi vous lire un article du Moniteur, c·est-il-dire la voix de !'Empereur même, car le 11lonileur csl l'expression du pouvoir personnel, un article publié en 1859 sur celle question, alors que nous élions agités par celle grande évenlualilé de la guerrc d·llalic qui se p,·ésrnlait à nous comme une nécessité patriotique à laquelle nous avons glorieusement salisfail. « Voici, en ce qui concerne l'Allemagne, cornmenl s'exprimait le gouvernement. Vous allez voir que son langage était parfaitement ncl : « Quand on ne veut que la justice on ne crainl pas la lumière. Le gouver- " nem_col français n'a rien à cacher, parce qu'il est est sûr de n'avoir rien à • désavouer. L'atlitude qu'il a prise dans la question italie11ne, loin d·auloriser " les défiances de l'esprit germanique, doit au contraire lui inspirer la plus • grande sécurité. La France ne saura il allaqucr en Allemagne cc IJU 'clic pré-

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