J. Jaurès - La guerre franco-allemande ; L. Dubreuilh - La Commune

120 HISTOIRE SOCIALISTE d'iniluences, el, par conséquent, il esl loul aalurel que la France ail considéré tous ces grands événements d'un œil nllentif. Ma,s il importe do savoir comment clic cherchera à résoudre les difficultés qui pourraient être la conséquence de cet ordre de faits no,,.•eaux. Cc que je demande au gou1•crnemenl, c'est d'avoir une politique, c·esl de la suinc résolumcnl, c'est de l'accentuel' avec la force et la netteté qui doil'enl earnctériser un gouvernement comme celui de la France. " Or, quelle doit ètre celle politique, Messieurs·! En ce qui concerr.e les affaires extérieures, j'ai entendu souvent professer cette maxime, quo les gouvernements pouvaient so passer de principes el n'obéir qu'à la loi de leur intérèt. C'csl ln, Messieurs, une maxime qui me parait radicalement fausse et dangereuse. (Marques d'approl,atioll à la gauche de /'oraiwr.) • Lïntérêl, à coup sûr, ne doit jamais èlrc dédaigné; mais la ~•:;esse el les efforts des hommes d'l,lal doivent tendre toujours à le concilier avec le senlimcnl du juste. El cc n'est point assez du sentiment du juste : une grande nation n·esl pas seulement une tollrclion de forces militaires; clic est, avant tout, une ,1mc; elle se rt'sume dans une idt'e, el. quelque glorieux que soil son drapeau qui llcttc dans le monde, cc drapeau abl'ile toujours dans ses plis une pensée que comprennent tous les peuples cl autour de laquelle ils se rangent. \011,·eile• a11probaiio11s à la gauche dt /'orateur.) • « Cela est plus particulièrcmenl appli!'ublc 11la Franre, cl à la Franrr consliluéc telle <1u'elle csl; car pour définir et Jélcrminer le caractère de sa politique, je n'ai pas besoin de me lancer dans les hypothèses, je n'ai pas fi appeler 11mon secours des senlimenlalilés; c·esl l'étal de la France que j'interroge cl qui ,·a me répondre. « Cel Nol, )lessieurs, quel esl-il? C'est la nation loul entière, représentée par son chef qui sorl d'elle, par ses mandalaircs qui sorlenl également de ses entrailles. Le dogme politique qui a pré1'3lu, ,.kpuis 18-18,qui, après avoir été le ciment aH"c lequel l'édifice social de la Fronce s'est constitué, déborde sur l'Europe, cl qui rayonnera, je l'cspi·re, sur le monde enlier, c'èsl le principe de la sou,crainclé nnlionalc. (Asseniimen/ ci la gauche de l'oraieur.) " Uc cc principe, quelle condusion doit-on tirer en ce qui concerne ln politique étrangère? " Ici, )lcssieurs, il faut se garder de dangereuses illusions; le principe de la sou\'erainelé nationale serait dangereux cl funeste s'il de\'3il avoir pour conséquence de favoriser un S)Slème auquel on a donné le nom de S)Stèine des nalionalilés, système qui consisterait à permettre ù certains groupes humains de conquérir par la ruse cl par la fore•' d'autres groupes, sous prétexte que ces derniers leur sonl associés par la langue et par la race. Le système qui conduirait ù Je telles conséquences, si fausses et si injustes, ne recevrait jamais noire approbation. )lais le SJSlème de la sou,·crainelé nationale, combiné a,·ec celui des nationalités, enseign" ù respecter cl à faire respecter la volonté dee peuples

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