J. Jaurès - La guerre franco-allemande ; L. Dubreuilh - La Commune

HISTOIRE SOCIALISTE 119 qui nous paraitrait la plus sage? j'entendais dire par un des honorables orateurs qui m'ont précédé à celle tribune que le désarmement n'était possible qu'à la condition de le faire de concert avec Lous les autres peuples .. \h ! Messieurs, si vous jetez en Europe une semblable motion, c'est à la famine que vous la condamnez par celle loi perpétuelle des armements. ;\'on, non, il faut qu'une puissance ail le courage de se prononcer, et celle puissance cc sera la plus forte, la plus sage, la plus glorieuse, celle qui n'a pas besoin de faire ses preuves, el qui mettant ainsi l'épée au fourreau apprendra au monde qu'il est Lemps d'entrer dans l'ère de la paix». (Nouvelle appl'obation du même c,jfé.) Qu'on le remarque bien: Sous le couvert mystique de la Providence, Jules Favre procède à la liquidation de toutes ses opinions antérieures. Ou plutôt il les redresse Ioules. Si la question du Sles"·ig a pris celte ampleur, cc n'est pas à cause de l'ambition prussienne mais parce qu'il y avait une profonde agitation allemande, un appétit d'unité et d'action nationale qui cherchait une occasion de se satisfaire. Si la Prusse a vaincu l'Autriche à Saclo,rn, c'est parce 'lu'cllc représentait alors une idée supérieure, un commencement de liberté politiqu~ et intellectuelle opposé au vieil absolutisme monarchique et catholique. Il faut que l'Allemagne sache bien que son grand effort n'a laissé clans l'esprit de la France aucun ombrpge. Pourtant, on attendait de Jules Favre un mot de plus, un pas de plus, le pas décisif, sur le chemin de la com•ersion. li ne suffit pas d'accepter sans amertume cc qui a été fait. li faut accepter d'avance cc qui se prépare, c'esl-à-dirc l'unité allemande intégrale par le rapprochement de l'Allemagne du è\ord cl de l'Allemagne du .Sud. Ce mot, Jules Favre ne le dil pas le 4 juillet : mais, comme s'il voulait dissiper Ioule obscurité cl ou,Tir enfin une large route lumineuse à la politique de paix el de démocratie. il se prnnonça le 8 juillet. li oubliC'ou il semble oublier qu'il a reproché à lï,mpire trop de complaisance pour la politique bismarckienne; el il s'empare de toutes les paroles que la diplomatie impériale a pu dire dans le sens de l'unité allemande, il s'empare du précédent italien qu'elle a créé pour lui demander d'aller jusqu'au bout el de permettre à l'unité allemande sa pleine expansion même au-delà du Mein, même en dehors des limites du traité de Prague donl l'Empire in,•oque encore les clauses pour contenir M. de Bismarck. li faut que je rite cette partie du discours de M. Jules Favre malgré son étendue, parce qu'on ne pourrait pas mesurer exactement la part de rcsponsabililf de la démocratie républicaine française dans les événements do !SïO, si on ne constatait par quel effort de pensée, par quel vigoureux amendement de son propre esprit, elle est parvenue à travers bien des pr•'jugés, bien des conceptions mesquines, à une idée large el claire qui pouvait fonder 1,apaix. " C'est véritablement du côté de l'Allemagne que sont, je ne dirai pas nos principales, mais je ne crois pas <'Ire trop affirmatif eu ajoutant, nos seules inquiétudes; c'est du côté de l'Allemagne que se sonl opérés les plus grands déplacements de force, les reconstitutions territoriales. les transformations

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