J. Jaurès - La guerre franco-allemande ; L. Dubreuilh - La Commune

118 HISTOIRE SOCIALISTE " li y arnil dans l'Allemagne un méconlenlemenl sourd, une volonté lrès anNée de se rcconsliluer, cl il esl clair, Messieurs, que celle vieille organisation caduque e: à demi-vermoulue qu'on appelle la Confédéralion germanique, et qui, en ce temps de chemins de fer, se mou,ail avec une vitesse d'une demi-lieue tout au plus à l'heure, la Confédération germanique ne pouvait plus suffire aux besoins modernes; clic élail condamnée, oui condamnée - cl je ne rappellerai pas ici tous les fails qui juslifienl celte opinion - elle élail condamnée, el deux grandes puissances étaient en présence. Or, /'Allemag11e, elle, est allée dans cc co11(lit, à /'esprit nouveau; non que j'aie la simplicité de faire de ~I. de Bismarck un libéral, cl cependant, ~I. de Bismarck l'était cerlainemenl plus que le cabinet autrichien au mois de mai 1866. L'Autriche, depuis, a eu le bon sens d'entrer dans les voies de la liberlé, de secouer le joug que l'Eglise voulait lui imposer. Tous les hommes qui sonl amis du progrès s'en sont félicités; mais il lui a fallu pour cela l'expérience du malheur, el lorsqu'elle a engagé le combat, soyez s0rs, Messieurs, que la victoire était à l'avance acquise à celui qui représentai/ les idées les plus fécondes, celles de l'al'tnir. " De telle sorte que, si je recueille en moi-même les résullals de ces grands événements, voici à quelles conclusions j'arrive: si, en effet, l'Allemagne était travaillée par un besoin impérieux, elle doit êlre apaisée; si l'Autriche était mal organisée, instruite par la rude leçon du malheur, elle est revenue à une meilleure organisation. El, Messieurs, nous avons pu nous en convaincre dans une circonstance solennelle: noire souverain est allé à Salsbourg, il a cherché à s'entendre a.-ec l'empereur d'Autriche ... Je n'exerce ici aucune espèce de critique, je constate des faits : c'est que la France a cherché auprès d'un souverain étranger un appui guerrier, on ne peul pas le méconnaitre; c'est que l'Autriche, préoccupée de la réorganisation de son Empire, n'a pas voulu entrer en lice, c'est encorn incontestable, el qu'ainsi une garantie considérable était conquise à la paix. Ainsi la guerre ne peul pas venir du côté de l'Aulrich'e, qui ne veut pas s'associer à nous ; la Prusse commellrait.-elle l'étourderie de nous menacer? Ah : oui, il y aurait un moyen de la pousser à celle extrémité, qui serait aussi périlleuse qu'insensée. Ce serait de lui ~onlrer l'épée de la France; l'épée de la France ne menacerait pas seulement la Prusse, elle irait au cœur de l'Allemagn!). C'est au cœur de l'Allemagne que je veux aller aussi, mais par la liberté (ah! ah.'), par la souveraineté nationale, par la participation de celle Chambre aux affaires de noire pays; pour la plus grande expansion de celle loi salutaire qui fait que le principe du droit et du pouvoir esl dans l'ensemble des citoyens qui composent une nation. (Approbation à la gauche de l'orateur.) · " On vous l'a dit avec raison: depuis que la France est entrée dans celle voie, il est certain que les resseulimenls qui paraissent exister de l'autre côté du Rhin ont considérablement diminué. D'ailleurs, alors même que ces ressentiments existeraient, serait-ce une raison pour nous de repousser la politique

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