Albert Thomas - Le Second empire : 1852-1870

. 1 HISTOIRE SOCIALISTE ner à cet Empire, qui était aussi \111 Empire napoléo11ic11 \( la significalio11 in1mcnse de nationalité et de grnndcur » qui s'attachait à son nom. Comment viendrait donc la revanche napolt!onicnnc :1 Comment les traités de HH5, co11trc lesc1uels s'était faite la ré,·olution de 1830 et que la monarchie orléaniste, pour son malheur, u'arail pas su briser, seraient-ils enfin d<.~chil'és:1 .\u lendemain du coup d1 Etat,dans1'Europecncore tout agitée parles ré\·olutio11s réprimées, nul ne pouvait le prévoir. ~lais, en F'l'ancc, le parti catholique réclamait des gages. A l'extérieur, conune :t l'intérieur, il exigeait que le nou,cau pou,·oi1· se,·vit sa politique. Il fallait d'abord céder,, sa ,·olonlé. Ce n'était d'ailleurs que la continuation de la politique des années antéricul'es qu'il n'•clamaü: l'affaire de Home, au temps de la BCpubliquc, a,ail manifesté déjà pour quels intérèts travaillaient la diplomatie et les armes françaises. Cette fois, cependant, il ne s'agissait plus de Horne. Cètait la que• relie des Lieux Sain ls qui passionnait les catholiques. << (j_ucrcllc de sacristie!• disaient les diplomates. Et d'autres ajoutaient que « le jeu n'en ,·alail pas la cbanclcllc :.,. Elle déchaina cependant une guerre fameuse. Par les capitulations de Lï40, la France, protcctl'ice des Latins dans lï~n1pire Lure, avait reç-u des sultans la garde <les lieux de pt'lcrinagc, soit à Jérusalem, soit en dchol'S, et les religieux latins en :naicnl eu la posscssiou reconnue. :\lais, peu à peu, les chrétiens grecs, protégés, eux, par la Hussic, étaient venus en grand nombre vers les Lieux Saints; le::>religieux gl'ecs avaient entretenu et 1nè1ncpal'fois rcb~lti les sanctuaires, délaissés par les Latins: cl les sultans, sans souci de la contradiction, leur a,·aienl reconnu à eux aussi Ja proprÎ\.;té des Lieux Saints, à l'exclusion de tous aut,·cs. Ces t·onccssion::, aux GI'ecs dataient de 1812, de 1816, de lSlQ. Comment est-cc donc ap1·ès vingl ou trente aus que la question se tl'ouva de 11ou,·eau posée :1 On ne s'en étonne que si ron ne connait pas l'cxtraordinait·c mou,cmcnt catholique du milieu du siècle, que si l'on oublie les 01·igincs dl!ricaks du Second Empire. Depuis 1830, en elfet, depuis le pontifical de C,·égoirc :\\ 1, ancien prélat <lela propagande, l'Eglise s'était armée tout ù la fois pour la diffusion de sa puissance dans le monde et pour la ruine des idées libérales. L'associatiou pour la propagation de 1a foi avait été créée ~,'.Lyon, en 1822, et four11issait trois millions par an pour cette u•u,Te : le pape compl'Îl la fol'CC qu'elle l'epl'ésentait et l'utilisa. Egalement la Société de la Sainte-Enfance créée pour la Chine pa1· .\lgr Parisis, fournissait de l'al'gcnl. Lrs catholiques de France offraient en outre un pcrsonnel 1 un personnel de missionnaires et de sœurs: jésuites, dominicains, lazaristes, Pères du Saint.Esprit, prètrc:-- dcs nussions, eudistes, filles de la Cl•arité, dames de Sion, etc., qui, de 1830 ,, 1845 surtout, créaient des « chrétientés » ou <les YÎcarials dans toutes les parties du monde. Les Lazaristes avaient pris possession de la Turquie et de la Perse; les '.\lissions étrangè,·cs de la Chine; les )laristcs de l'Océanie; les Jésuites de la Syrie. '

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