Il ISTOIRE SOCIALISTI~ pourn1 romrnc lui, d·unc liste ci,•ilc de vingt-cinq millions, il lui faut des nohlcs. de hauts dignitaires, une cour, en un mot: maréchaux <le France, g-rand 11rn1·èehal du palais, gl'and chambcl1an, grand écuyer, grand veneur, g-1·and aumônier auréolent sa puissance. La gr:i.cc s'ajoute à la splendeur._ 1:Empc-reur à défaut d'une llohenzollcrn ou d'une ,rasa, qu'on lui a refusée, s'est marié,, ~Ille Eugénie de-~lontijo, d'une famille noble d'Espagne. Lïmpératricc est belle: elle sait recevoir, clic sait tenir <·ou,·. JI lui manque, pour devenir populaire, d'ètrc un peu rnoins ultramontaine. )lais cc n'est point à c·ctte heure qu'on le lui demandera. Les fêtes tieoocnl l"opinion en haleine: pendant l'hiver de 18;;3 el an printemps de 1851,, leur faste défraie les journalistes_, à court de copie. En IS~t,, elles se renouvellent, el toujours. Quelques-uns murmurent sans doute. Est-cc bien le 1110,nent: 1 La guerre'.' Le choléra:• Les inondations? Oublic-l-on tous ces deuils:> - I.e .1/o,iitellr se charge de leur. répondre; et l'argument a fait fortunê : « La dépense d'un grand bal retombe comme u1H' pluie d'or sur toutes les industries i1. Les couturiers, les déco1·atcurs, les jardiniers rivalis'!nt et même concou1·ent: les hùtes exotiques anluent aux Tuiicrics, 1jour _le plus grand étonnement des spectateurs ou des lecteurs du ,l/onite11r. Le mouvement est donné: dans toules les préfectures, on danse, on dine. F.t la « société », en province, regrettera longtemps ce teir1ps oll l'on dansail. Les vrais aristocrates ont beau rire de la raideur gourmée ou du ton de celle cour: leurs.critiques ne sortent point de leurs salons. L'opinion s'amuse : il snffit. ~lais, malgré leur renouvellement, les fètes Ïtniraicnl par ennuyer. Il faut que !'Empereur donne aux Franrais une satisfaction dernière. Il faut qu'il leur donne cc qu'ils réclam nt depuis un siècle, ce que Louis-Philippe n,a pas su leur donner, ce quïls attendent d'un Napoléon: la gloire extérieure, les satisfactions de l'amour-prop1·c national. L'Empereur aurait bien voulu leur appol'ler une adhésion unanime des grandes nations au Coup cl'J~tat: et il avait rêvé de se fail'e sacrer, lui aussi, à Paris, par le pape. Ces deux satisfactions lui ont été rE:fusécs. Du moins; les ambitions cléricales lui ont fourni une occasion, de gloi1·e; et les évènements le servant, il est apparu enÏtn, pour la plus grande gloire de la nation frao~aise, comme l'arbitre de l'Europe. La politique extérieure a joué, dans les destinées du second Empire, un rùle trop important, pour qur nous négljgions ses débuts. C'est la politique extérieure <ln parti catholique qui a fourni au Second Empire une première occasion d'action. Le nouvel Empereur pouvait rèver in pello de l'avenir des nationalités eu,·opéennes. A l'heure où il montait sur le trône, à l'heure où les divers Etats soupçonneux, inquiets; hésitaient à le reconnaitre et ne le reconnaissaient qu·eo rechignant, il importait qu'il ne se compromit pas. li avait proclamé l'Empire paciÏtque : mais il fallait don-
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