ï2 IIISTOIRE SOCIALISTE 68.ï(U. ~lais il faul Yoir cc qui se fachail sous ces chiffres; il faul discerner la lente révolution que l'Eglise accomplissait. En JS:i0, on comptait 50.2U7 écoles laïques (publiques cl privées et 10.:~12 écoles congréganistes; c11 1863, il y avait ;jl.:J55 écoles laïques et Lï.200 écoles congréganistes. ,\insi, tandis que le nombre des écoles laïques dl'mcurait stationnaire, 011 à peu près, le nombre c.les écoles congréganistes augmentait dans des proportions considérables .. \ quoi tenait celle augmentation? D'une part, sans doute, au clé1·eloppcmcnt des écoles de filles qui prrsque toutes élaieht ronfit·cs aux sœurs, et, dans certains départemc11ts, forcément, lc-s maitresses laïques faisant dé-faut. :\Jais aussi, à la faveur de quelques dispositions rédigées pou1· elle, l'Eglise menait une al'dente campagne pour '< ,·amcoer au Christ toutes les jeunes ti.rncs ,,,, pour s'empal'er encore une fois des consciences. ,\ux termes de la loi de J8:i0, du décret du 4 mars 1s:;2 et ~le ]a loi du 111 juin 1s:;1,, les comrnunes, en cas de vacance dans une école publique, avaient le d1·oil de faire connaitre lt"urdésir d'avoir un laïque ou un congréganiste. 01·, la Congrégation ne meurt pas. Dans l'école eongn:ganistc, oil le supérieur, et non l'administration, nommait les rn,1îtrl's, il n'y a,·ait presque jamais de ,·ncancc: le maître malade ou compromis était rapidement remplacé. Chaque fois, au contraire, qu'un instituteur mourait ou prenait sa retraite 011 était révoqué, la Congrégation mettait en mouvement toutes les influences, faisait marcher cluitelain, maire, curé et bedeaux, cl emportait le village. Bien mieux, sous un régime de large tolérance, les Frères des Ecoles chrétiennes ouvraient partout Jeurs écoles, surtout dans les centres industriels, dans les pays de fabriques, oü les industriels sot1Yent les appelaient et favot·isaient leur établissement, pour endormir les révoltes ouwières. La facilité qu'ils aYaicnt de prendre des adjoints permettait la prospét·ité indéÎlnie -de leurs l~coles. De 1850 à 186:.l, les écoles laïques (publiques et libres; avaient gagné'376,080 élèves; les école~ congréganistes 588.000. La prospérité des Congrigations allait de pair avec celle de leur cnseignemenl. En 18',8, le nombre des frères de la doctrine chrétienne était de 3.690; en 18G5, il s'de,·ait i1 ï.726. Le nombre des sœurs n'ayait pas augmenté moins rapidement; de 1839 à 181,8, clics avaient pu ouv,·ir en moyenne 360 écoles par an; de 1849 ii 185ï, clics en ouvraient 39G. La loi de 1850 portait donc tous les fruits que le parti catholique en attendait; les« affreux petits rhéteurs », les instituteurs à tendances républicaines ou socialistes, les émi~saires de la Révolution éLalent boutés hors des villages et des grands centres industriels. L'l~glise triomphante assurait le loyalisme du peuple et sa résignation. Ainsi se complétait, par cet asservissement des masses populaires, le système de l'Empire: système de compression et de 0atterie tout à la fois. Les intérêts matériels étaient satisfaits, dans la mesures du possible, c'es~-àdire dans la mesure oit le gouvernement le pouvait; les esprits étaient systé- ,
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