IIISTOIRE SOCIALISTE 71 quelques concessions faites. Les ouvriers de Paris accueillirent assez mal la loi; )("s industriels, n\~n ayant plus la garde, renoncèrent ü l'exiger. En provi11ce. la majorité des patrons, changeant peu cfo1nricrs, n'en srntait pas la nécessité. Xe revenons pas sui· les mesures quotidi{'nnrs qui frappèrent alors lrs militants oun·icrs. Xous a,·ons dit plus haut la rondition drs prrsonnes,, isà-vis de l'administration cl de la police, pendant toute cette période. C'était pa1·mi les ouvriers des villes que s'étaient recrutt:s <lepuis 18:m les groupes républicains et socialistes: ils étaientdonr pl us ét roilemenl su n ei liés que toute autre classe. Le gouYerncmcnl impél'Ïal veillait mtmc sur leur moralité, sur leurs idées. Cc fut le temps oit le procureur général défendit au Siecle de rontinuer un feuilleton, qui, par des deseriptions d'orgies, pou,·ail exciter les paun·es contre les l'iches; Je tcnlps où un ou,-ricr. un peu monté, cl meaatant son concierge d'nun nouveau ü:.J,où l'on pc-11drait les propl'Ïétaircs, » se voyait innigcr quatre mois de prison, en d(•pil des bons lémoignagcs de son patron. Mais ces petits faits, qui ré,·oltaicnt çà cl lit les consciences républicaines, ne trouvaient point de répc-rcussion dans la masse indifférC'nlc, occupée des grands travaux, amusêc par toute Ja \'ÏC <lu Pa1·is nouw•au, reconnaissante à !'Empereur, it l'impératrice de leur charité, de leur bicn,cillancc, incapable eocol'r une fois de comprendre ceux qui rè,·aienl d'un régime plus juste, incapable de ,·ouloir de nou,·eau avec eux sa propre émaucipation. Au demeurant, le fidèle allie de l'Empereur, le clergé, mcllait il son ser- . vire tous les moyens doot il disposait pour asservi,· les esprits, pour donner à César et au Christ tout i1 la fois des ser\'itcurs obéissants. Le prince-président avait dil à Bordeaux : n Je ,·eux conqué1·ir à la l'Clig-ion, à la morale, à l'aisance, cette partie encore si nombreuse de la populatiou, c;:ui, au milieu d'un pays de foi el de c1·oyancc, connait à peine les préceptes du Christ:.. Ce fut le programme de l'cnsc-igncmcnt primaire jusqu'au ministère Duruy. Lorsque, plus tard, celui-ci entreprit la rude tache de réformer l'enseignement, la situation qu'il tl'ouva après plusieurs années <l'Empire autoritaire était lamentable:« des miHiers de communes sans école de filles; tous les hameaux sans école d'aucune sorte; un grand nombre d'enfants écartés de l'enseignement par l'étahlisscmcnl d'un chiffre maximum d'admissibilités gratuites; d'autres abrégeant l'écolage, au risque de ne rien apprendre d'utile; point d'écoles d'adultes: pas une bibliothèque de village; au contingent annuel, plus cle 2i pour 100 cle totalement illettrés; misérable condition des maitres el des maîtresses; j.000 institutrices recevaient moins de 400 francs par an; il y en a,·ait dont le traitement était de 6â francs: pas une n'avait droit à la retraite, pas un instituteur n'était assuré d'une retraite qui lui donnàt un franc par jour •· Les statistiques semblaient bien cependant attester un progrès sur les années précédentes. En 1850, on relevait 60.579 écoles primaires; en 1863,
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