Albert Thomas - Le Second empire : 1852-1870

6!, IIISTOIHE SOCJ.\LISTE rccou~truile, et l'on entreprit, en 18:-,s, la uou,·cllc calUédrale. De la mèmc époque datent la Préfecture, Je Palais de Justice, la Bonrsc cl le Palais de Loogchamps. Le pm'l du llàHc était également agrandi; Lyon, Lille s'embellissaient. Toutes les , illcs se pcr~aicnt de lai·ges boulernrds. I Tous ces gran<ls tra,·aux assuraient de rouYrage à la classe ouvrière, à celle des g,·andes , illes du moins. it eelle dont la mi.sèrc aurait pu ranimer l'ardeur rérnlutionnaire. Sans doute la prospérité industrielle faisait monter Je; prix de toutes les denrées; et la taxe de la ,·iandc ou la caisse de la boulaJJgcrie se montrnicnt impuissantes à diminuer le co1H de la \'ÎC. Sans doute aussi, et pa1· l'effcl des grarids tra,·aux_. la classe ounièrc trouvait de plus en plus difficilement des loyers d'un prix abordable; mais la continuité et l'intensité du tra,·ail 1·cndaient plus supportable la différence entre l'augmentation des salai,·es et celle, beaucoup plus coosidérable, des denrées alimentaires et des logen1cnts. l'n historien ra dit dans• une formule heureuse: « Les tra,·aux publics furent pour la capitale cc qu'arnicnt été les distributions de blé pour la Home impériale ». Les cérémonies de la cour, ou les fl·tes, qui dcYnient attesler la splendeur du nouYeau l'égime, conco11-. raicnl aussi au mèmr bul; le Jloniteur l"aflirmait du moins, et démonlrait aux grincheux <Jue « la dépensr d'un grand bal relombail comme une pluie d'or sur toutes les industries "· Tout ce trarnil apportait au peuple le milliard que Barbès lui 3\'ait promis. Disons plutôt qu'il le gagnait à la sueur de son front. Le gouYernemcot connaissait • les effets moralisateurs du trarnil •· Il tenait il assurer le plus grand bonheur possible à ia classe ouHière; mais il savait<(UCles ot1vriers a,·aienl besoi11 • d\\tre surveillés>> et« d'ètre instn1ils». Toutes les misères ré\-olutionnaires ne ,·cnaicnt-clles point de cc défaut d'éducation et du défaut de surYeillance? Dans toutes les mesures prises par le Second Empire i, l'égard des classes ouvrières, on remarque ce double esprit : l'esprit de protection, de patronage et l'csp,·it policier, l'esprit de surveillarl('e, hostile à tout effort d'émancipation. Proudhon aYait raison de montre,· que l'Empii-e industriel était raboutissanl nécessaire dela féodalité industrielle, protectrice et exploiteuse. En matière d'assistance et de palJ'011agc.les initiath-es gou,·crncmentalcs furent assez nomb,·euses. • La pensée d'améliorer le sort de ceux qui souffrent cl qui luttent contre les difficultés de la ,·ic était constamment présente à la peosée du gouvernement"· JI fallait le prouver. Un décret de 1852 réforma et réglementa les :\lonts-de-l'iété. Des succurules furent créées dans Paris. Xous a,·oos déjà dit comment Je décret du 22 janvier 1852, ordonnant le retour i, Ja nation des biens de la famille d'Orléans, avait fait la part large à la classe ouvrière: 10 millions avaient été destinés à l'amélioration de ses logements. Dans les temps de crisè el de disette, comme en 1853, lorsque les graods travaux ne suffisaient pu à protéger contre la misère, des souscriptions furent patronnées ou mème direc-

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