Albert Thomas - Le Second empire : 1852-1870

li lSTOlllE SOCIALISTE han.liesse d'initiative. Il 11c fut pas ch:~·u. « Tout est grand, en cet homme, disait l{ouhel'·: les qualités cl les défauts. • llaussrnann a\'ail éti· accueilli ù l'llôtcl de ville a\'CC hostilité cl mah·eillancc: dès le prrmirr joui·, il sïmpusa. Et i 1 ::iC mit;. rœu\'rC. 11 arnit bien saisi rcsp,·il de la politique impfrialc. En facilitant la tirculatio11, surtout aux abords des ga1·cs, p,lr de grandes voic-s de pt.;nl·tralion, on montrerait encore une fois le souei que l'Empire avait des affaires. l·:11 <h'gaµ-cant les grands édifices, palais, églises, cascl'nc:-, -' ('Il J)Cl'{'anl de larg-cs, droits et beaux boulevard~, - en <ï•éant <le toutes pièecs une , illc jolir, agrral,lc à ,·isitcr, on attirerait les étrangers « qui rcml>o11rsc1·aicnt les frais des b:i.lisscs ». A la classe ouvrière, on assurt:'rait du ll'avail, on donnC'rait des logcn1ents plus sains. plus gais, par la df'sl1uclio11 de loul<'s lrs ruelles infcdC'S et mal famées ... :\lais à la bourgeoisie, aussi, on assurcl'ait l.'l paix, dans les la1~grt roics, i naptcs aux barricades. impropiccs ù l'l'meutc . .\,·ec une audace insolente qui d(~liail tous les obstacles, en dépit de l'hostilité sourde de J"administl'alion ou des corps conslitués, '.\I. llaussmann accomplit ce lra,·ail. De J'arg<'nt il se :--ouriait peu.« Les dl•p('nscs C:\lraorùinaircs, déclarait•il, ne so11i. pas les ennemies des IJl1dgets; si clics sont raites a,·ec intelligence, cllC's curichissc-nt, loin <.l'appau, rir, et amènent un accroisse-me-nt général de revenu>. La p1·crniè1·c application du plan grandiose <lr '.\I. llaussmann fut le percement de la« grande croisée» de Paris, les dr11\'. grandes artères perpcndicu• lairc~ qui dc,·aicnt se couper au centre même de la capitale, l'une nmorcée d,·jà par le boulevard ·de Strasbourg, se continuant par le l,011levard du Centre bicntùl de,•cn11 boulc,ard dr Sébastopol), el se poursuivant sur l"autre ri,·c jusque \("l'S rOLiservatoire, - l'aut1·c, alla11t de l'Est it l'Ouest, de la bal'l'ièrc du Troue à celle de !"Etoile, cl qui ne dcma11ùail pour dre complète que l'achèvement de la rue de Hi"oli. Il nous faut passer sur tous les détails de celle œuvl'C, cl sur toutes celles qui s'y ajoutèrent: le bo,dc,·ard Haussmann, le boulevard ~Jaleshcrbcs clans les q11al'Liers du Nord-Ouest, le boulernrd ~lagcnta cl le boulr,,artl Hichard-Lenoir clans ceux du :'l'ol'd-Est; la dispa,·ition des ruelles de la Cité; le dégagement du Luxembourg; le pal'c :\lonleeau, le pal'C ~Jontsouris, raménagemcnt du bois de Boulogne et du bois de Yint..:enncs; la construction de fontaines monumcnlalcs, d'églises, et surtout celle des llallcs centrales. Les quais étaient refaits. Le sous-sol · boulevel'sé donnait place aux tuyaux d'égoùls, aux canalisntions d'eau cl de gaz. Jamais, on n'avait rcmul·, dans Paris, tant de 1natél'iaux de construction. Dans la ml:'me période, et conformément ù la mèmc politique, toutes les grandes ,·illes de province subissaient des métamorphoses annlogues. Le gouvernement y incitait les municipalités; le:-: nouveaux établissements industriels, les chemins de fer el leurs gares y invitaient les habitants. A ~larscillc, les nombreux bassins, donl h. conslruclion avait été commencée en 18'•t•, forent terminés et ou,·crts: Notrc-Damc-de·la•Cardc fut

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