IIISTOIHF. SOCI.\I.ISTE du jeu. L'Empcr<'llr Ir rcrnrrcia par une lettre solennelle. 1 J'ai éte vraiment hr111·ru,. l11i (•('l'i,ait-il, d(' ,·ous {'Otendrc flétrir, de toute l'auto1·ité de votre talenl. et combattre par lïnspi,ation des sentiments les plus nobles, le funt•ste ent1·ainc1114.,~11t du jeu. i, Et il l'C"11gagcait ù pcrst',·érC'r dans celle voie de moralik. l'n m:igistrat, ::\1. OsC'arde \'all('c qui, dans un livre intitulé Les Jlanù•flrs tl'n1:t:P11/, t·ompa1·ait l'agiotagf' du temps :1 celui <1u·a,·ait pro,·oqué le systi·me del.a" s'attirnit une lettre de félicitations analogue. :\lais toutes ,·es ,olennelles paroles i·taicnt i11cfl1carc•s: et la loi du Jï juillet H!~!i. destinée ù r<'"ll'l'i11d1p l'a<'lio11 des sociétés en comma11dite par actions, ne réussissait point :'t r11r~tycr la spéculation. Xapoléon Ill potl\ait 1·edoutc1· les cl(·plorablcs effets de tout cc jeu sur la rnoralitt; publiqur. Il p(Hl\ait c•raindrr, commr Proudho11, la déehêanee de la 11ation, la dissolutio11 de la Société. Politiquement, il deYait ètre satisf?it. L'acti,·ité industri,•lle supprimait to11tc opposition de la bourgeoisie. Elle l·lait trop orcupt~t.• ù s·{'11ri('hir: elle a\'·ail trop de reconnaissance au gou\'crnemcnt qui faisail aller les affail'es pour lui réclamer même une part 'du pou,·oir politique quïl lui a\'ait ra, i. Hestait la dassr ouHit•1·c, ,·elle qui aYait fait ft<v,·ier, celle qui a,·ait fait juin, qui a,ail suhi dt.'•crmbre. Ses chefs étaient exilés, emprisonnés. Comment le gouvcl'llc111,·11tf,·rait-il pour ln gagner? C'était le problème le plus délicat de sa politique intfricul'C. Dl-j;:1,daus quelques mcs11l'cs dont nous a,•ons indiqué l'économie, lranspar.lÎ"isait sa solliritudc pour les classes ou\'rières. Il exonérait les artisans: il chrrchail i1 donner aux <w,-riC'1s du pain à bon mnrrhé. Il leur assurait du t ..a,ail pal' Jt,s grnndcs entreprises de chemins de fer. Du tra,ail, du trrn·ail régulif·r, sans chômage, ,·était là ce <111ede,·ait demande!' la classe ounièl'c. I.e mal du chùmage n'a,·ait-il pas ét,· une des causes les plus gra,es des trou hies de juin' Le clu\111age n'nrnit-il point été l'o1·iginC" de la ré,oltr Ou\'rièrc :• C'était par de grands tra,·aux publics cru'on pOtl\·ait stii·cmcnt gagner la sympathie des ou,riers. ?\apoléon Jer l'a\'ait dit: 11 L'o11\'l'Ïcr 1nanquc <le travail; il esl alors il la merci de Lous les inll·igants; on peul le soule\'CI': je crains des insurreotions fondées sur un manque de pain; je craindrais moins une bataille t•onl1·e 200.000 hommes. » Pour lac-lasse ou, rièrc et cont1·c elle tout à ,'a fois, Xapol,\on Ill entreprit de transformer Paris et les grnndes villes. Dès le lendemain du coup d'Etat, il a,·ait décidé l'accomplissement des grands traYnux, si longtemps discutés sous les régimes précédents, l'e111bellis,emcnt des llalles, l'achè,crnent du l.ou,,1·e; et le rè,·c d'un P:uis, percé de larges ,·oies, unissant les quartiers du C('nlre :, toute::, les g:1rcs, i1 Ioules les voies de communications, se précisait da11s son esprit. Le préfet de la Seine, ~I. Berge!', • édile des anciens jours •, hésitait. Il fut remplacé. Le préfet à poigne, l'homme audacieux qui avait contenu le socialisme dans l'Yonne et dans le \'nr, l\l. Haussmann, fut nommé à Paris : l'l~mpcrcur l'avait choisi pour sa ,·olonté et pour sa
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