IIISTOIRE SOCIALISTE lettres de gage. que la di,·crsilé des é111issiou;, faites par 17lusicurs banques aurait ralC'11tie. le g~u,·crncrncnl songea à donner à lJnslitution un cara<'lère d'eutrcprbc dï::tat, ou tout au moins placée sous le contr(\]c de l'l~lal. Par d.:-Cret d_u JO Décembre JS;;1, la Banque foncière de Paris fut transformée en Crédit foncier de France el cul désormais Je privilège des opérations de Crédit foncier pour la France entière; clic fut autorisée à racheter les deux banques de .\larscille et de .\c,·ers, rcrul uuc ,ubvenlion de JO millions, mais fut contrainte d<' prèl<~1·au taux de.-, 0/0, intt"n:t et amortissement compris. L"ndécret du ;:1 Décc111brc 18.-,2décida eu outre que les lettres de gage ne seraient ..~mises <1u'après le, isa du commissaire du gouvcrocmcnl. Enfin, achernnl celle transformalio11, le décret du li Juillet JS;,,, impos~ au C,·édil foncier un gouverneur el deux sous-gouYerneurs nommés par l'Empcl'cu1·. Cc fut, dès lors. comme la Banque de France. un établissement public lié à r1::tal. Eu 18.-,4, il avait cléj,, p,·èté pour une cinquantaiuc de millious, ~urloul sur les biens-fonds urbains, et contribuait autant à la transformation des , illcs cl au dévcloppcmeul de lïuduslric <1u:1 l'amélioration de J"agricullurc . .\lais c·cst surtout le Crédit mob;/it•r qui, dans les premières années de l"Empire, aida à r,•tablissemcnl cl it la pro&périlé des entreprises industrielles ou commc1·cialcs. Jusqu'alo,·s, les 111aisons de banque de Paris, Rotschild, llollingucr, .\Jallet frères, etc ... pratiquaient pe 1 u la commandite el bornaient leurs opérations aux pn'ls à court terme, ,, rescompte ou à l'arbitrage. En no,·embre J8~2, les frères Pérei,·c, les Saint-Simoniens, fondèrent la Société générale de Crédit mobibier. Cc devait ,'trc ù la fois une Société commanditaire. une banque de placement, de prêt el d'emprunt, cl une banque d"émissiou. 1hec ses ressou,·ces cl son crédit, elle devait créer ou seconder de grandes entreprises. intervenir clans les emprunts publics ou dans les émissions des grandes Sociétés. émettre elle-méme des obligations pour une rnleur égale i, dix fois son capital. Isaac Péreire aimait à célébrer l..:l", « l'homme de génie qui, par un irnmense essor donné aùx affaires ..... révt'la au monde les puissances de l'association •· Il avait, comme lui, l'illusion de la pui;,sancc illimitée du crédit; el le Crédil mobilier devait sombrer comme la célèbre banque de l'l~cossais . .\lais. dans les premières années de l'Empire. il joua un r6lê immense. Il intcrdnt dans l"établissement de la plupart des réseaux de chemins de fer, l'Est, le Grand Central, l'Ouest, Je ~lidi, les .\rdennes. Il commandita, en 18.-,,,, la Société de la rue de Rivoli; il facilita la fusion des six Compagnies du gaz à Paris, leur prêta 10 millious el, par la haute iufluenre de ses directeurs, leur fit accorder en seize jours, le mouopole-qui de,·ail lier Pai-is pour un demi-siècle (juillet 18:,:;). Il créa enfin la Compagnie maritime transallauliquc, et, faisant franchir les frontières aux capitaux fran~•ais, contribua à la création des chemins de fer du No,d de l'Espagne cl de, chemin• de fer autrichiens. En trois ans, le Crédit mobilier apparaisaait comme la plus
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