Albert Thomas - Le Second empire : 1852-1870

IIISTOIHE SOCIALISTE pc111cnt du <-r(•dit. La rl'a1isation de cc JH0g-ra1nm{", ils ra,ait·nt rspén~ de la l\épubliquc parlcrncnlaire: le gou\'Crncmcnl despotique la leur prnmcllaiL à son tour. Ils se rallièrent à lui. Dès qut' le père Enfantin ,·it l'essor p1·is par lïndustric, il approu,a le nou,·eau l'égimc. Il ful bi<'nlôl en coqu('llt.•ric rég-1('e aH'(' les Tuileries; il d,,dia des li\Tes à :\apoléon Ill cl lï·:111pc1,·11rparl.i de lui a,ec estime. Dans le 111011<.lrindustriel son ac·ti, itê fut grand(•; il 3\'aÎl étl· 1111<les p1·omotcu1·s du thcmin ùe fer de J.yo11 a,ant 18'18; cc rut lui qui ,onlrilrna le plus en lH~,ï à la fusion définili\'e entre les so!"iélés de Paris-Lyon et de Lyon-~lédilcrra11l\C. Tous les mrmbrcs de l'l::cole a,·aienl le n-u~rur entrain : Paulin Talal1ot fi~urait au premiel' rang des crl•ateurs de voie-. fcn·éc-~: l>idion, son ami, di1·ccteur de la Compagnie d'Orll·an~, cl J 111licn trantillaicnt au:--siau, C'hcmi11s d<' fer. L<'s Pt.•rcire. 1::milt• el lsaae. s'intérC".,~aient surloul aux in~tilutions de c1·(·<lit. lis aidaient à la naissance du Crédit foru·ù•r, cl, pour én~•ill,•r partout !"esprit d'initiati,·c, fondaient le Cn!dil mobilier. Iles membres de l'l°:t,olc possédaient encore d"autre~ ëtablis ...C"mcnh financiers; .\mail. pal' r,em1>le, dil'igcail la ('aù;s(• des adio,vwin•8. J)'aul1·r~ soutenaient dans la prcs~r la non,·ellc politique industri<"llc: Barrault so' faisait l"aroloi:isle du Cridit mobilier, cl célébrait l"uni,erselle l'Onstrurtion des ehcmins de fer: ,, L'Europe, s'écriait-il, aura bic11tùt son ré~cau de voies for..-éc-s drs mouts Ou rais ù la Sierra ~C\•ada; elle s'alimentera d'un(' mêmt"' circulation finantièrc l"l respirera la même atmosphère morale! » Cuéroull écri,·ait à la Presse, puis dirigeait l'Opinion 11ntio11nle; el les brochures de Du,·e)rie,· faisaient g.-and bruit, parce qu 1011 les disait inspirl'es pa·r lï~mpercur. L'influence <les'Saint-Simoniens élait, en effet, ('Onsi<lé1·ahlc dans les ron• scils du gou,ernemcnl. Les Péreire étaient fort écoulés: ~liche! Che,·alicr était l'économiste Jll'éféré de l'Empcrcur. U'autrcs cnco,•f' , i,·aient dans l'entourage du souverain. Un jour, s'il faut en <'roire ~laximc dn Camp. it la table de .\"apoléon Ill, comme un con,·i,·e raillait les théories sainl-simonicnaes sui· les femmes, uu autre se leva et dit: « Je suis fils de Talabot, fils de Lambert, fils d'Enfantin, fils d'Olinde l\odrigucs, fils de SaintSimon ». Et parmi les assistants, dit 1e narralcul', un sénatC"ur et trois ministres auraient pu faire une professiou de foi semblable, mais ils SC"turent. \vaieot-ils donc perdu tout idéal' Sc laissaient-ils entrainer i, l'uni,crversclle curée? Eux aussi, 11c ,·oyaieut-ils plus que les honneurs et les pro- .fils, tandis <1ue gémissaient en exil d'autres hommes, pénétrés ('Ommr eux parfois, de la pensée saint-simonienne? Cerlaius pcut-1.~t,·e,mais pas tous. Très sincèrement, beaucoup professaient que l'essor industriel était la condition du progrès soc-iaJ.,, L'industrie, écrh·ail BarrauJt. est la seule arme du prosélytisme de la ei,·ilisalion ». Et s'ils étaient disposés à considérer Je Coup d'État comme une nécessité. s'ils passaient l'épong-r sur lrs trist('s incidents qui ravaicot signalé, <' le meuu des Ré,·olutious n'étant jamai~ bien allrayanl •, ils gardaient la conviction qu'ils étaient. en scr,•anl l'Em•

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