• IIISTOIHE SOCI.\LISTE saine et tranquille ,,. Le mot, on le sait, est de Guizot; il pol1rrail être de ~I. de :\lorny . .\.u dcrncul'ant, qu'était-cc que cc dernier~ Qu'étaicnt-co,.c1ue Fould, ~lagnr. Billaull, sinon des orléanistes de la deuxième génération, des orléanislcs du ministère Guizot? Fould, député de Tarbes en 18',2 el soutien du minbt(·rc, 11'avait-il pas dès alors poussé aux grands travaux et à la satisfaction des inl{·n'ls matériels? :\lagnc, le prntégé de Bugeaud, n'a mit-il pas été le type du député-fonct~onnail·c, <le l'administrateur ho1nmc d'affaires? BillaulL, enfin, l'a,·ocat d'Anccnis, ne s'était-il pas en 1847 rallié ù Guizot' :\lais c'était i\l. de i\lorny surtout qui était le type accompli de celle deuxième génération politique de la monarchie de juillet. i•:le,·é en exil, le fils du g-énéral Flahaut, a"ait contracté les habitudes de la \'ÎC anglaise. Son arti"ilé industrielle, ses talents d'homme d'affaires, autant que son dandysme aristocratique, lui avaient acquis une autorité singulière dans la société parisienne. Brillant lancier, il s'était illuslr6 à Constantine, mais à 28 ans, les fiènes l'a"aient contraint de quiller l'armée. li s'était fait industriel: il a,·ait cultivé en Limag-nc d'iir1menscs champs de betteraves, cxp1oill· des. raffinc,·ics. A :n ans il était député cl se sigualail comme un :des orateurs les plus habiles de la Chambre. C'était lui qui a"ail sau,·é Guizot lors de l'affaire Pritchard et .\rmand :\larrast. Furieux, ra mil même désigné déjà à celle occasion comme« le plus jeune et le plus chauve des satisfaits». Or, di•s cc moment, :\1. de :\lorny soutenant le ministère Guizot pr61udail i, la politique industrielle du second Empire. C'<itail celte politique qu'il aYaiL formulée, pour ainsi dir.c par a,·ancr, dans un ar'licle de Ja NePue des De11.r .!fondes du l"' Jam·icr 181,i. Impatient de« solutions pratiques•• comme il disait, il déclarait qu'il {·tait moins préoccupé de transformations sociales que de transformations industrielles, el il in\'Ïtait les Franç·ais à se mettre ù l'étude moins des réformes politiques, suscitées par des besoins factices, que des questions matérielles. Sachons entreprendre, concluait-il, en industrie, en commerce, en finance, toutes les réformes qui peuvent tendre au bien-être des masses. Et nous aurons plus fait pour le progrès que par les plus mirifiques réformes sociales. C'était celle doctrine, que, les plus firlèlcs soutiens du ministère Guizot allaient pleinement réaliser après le Coup d'l~tat. :\Jais, pour cette politique, d'autres hommes encore allaient se faire les très zélés auxiliaires du nouveau pouvoir. Je veux parler des Saint.Simoniens. Si certains membres de l'l::colc, aux diverses époques, avaient été républicains cl démocrates, ,il faut rappeler que, dans l'ensemble, ils avaient loujou,·s considéré la forme du gouvernement el les articles des Constitutions comme des questions secondaires. Cc qu'ils réclamaient avant tout, cc que leur organe, le Crédit, avait proposé dès 181,9 comme le programme d'un gouvernement de progrès, c'était le développement des travaux publics, des chemins de fe,·, des canaux, c'était, pour assurer ces travaux, le dévelop-
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