Albert Thomas - Le Second empire : 1852-1870

lllSTOIRE SOCLAl.,ISTE ,il des plus spnpathiqucs au prince. I.e clergé manifesta haull'mcnlson approbation du coup d'EtaL En échange, il reçut des fa\~urs nombreuses. PouSSl: par ses propres fonctionnaires, (JllÎ scntaicut hiPn dans les dépa1·tcmcnts loul l'intérêt de l'appui catholiqtu·, le gouverncn1cnt ne refusa aucun ho11ncur. aucun privi- }()gc au clcl'gé. Les croix di·truilcs furent rétablirs :-.ur leurs soeJ("s; les fonc tionnaÏl'cs furent invités à assister aux procession~: les missions de propagande catholiq uc fu rcn l au Lorisées, aidées, dans l'espoir q11 'clics opposc1·aicnt # tuJ obstacle sérieux ~1 la p1·opagandc ,ré,·olutionnaire, au développement des associations démagogiques "'· Des fon<'Lionnaircs furcnl ré,oqués pou1· n'aYoir point assisté it un ser\'Ïcc 1·eligicux. Le Panlhl·on étail rendu au culte; les conditions de la 1·ccon1rnissancc légale étaient simplifiées pour les tongrégations de femmes; les émoluments des én:quc~ étaient accrus; les éerits calomnieux pour la religion étaic11l écartés du colportage; el, chosp inouH.·, le clel'gé au 1Tlilicude l'uniYcr~cllc compression, garda la liherlé de se réunir en conseils pl'ovinciaux. « Jamais, avoue :\1. de la Gorce, dans son 1/istoire du second Empire 1, J:3j) plus de présents ne rurenl faits aux Eglises; jamais plus de sollicitude ne fut apporll:C à rclc,·er Jcs édifices religieux; jamais le matériel du c111lc ne rc\·ut plus d'accroissements ✓,, Les pn'.·fcts célébraient la Providence en tous leu1·s discvurs, cl demandaient l'indulgence de l'é\'èquc po111· les fètcs orticicllcs. les jours d"ahstinence. t< Les bonapartistes, écrivait Sch(l•lcher, vont t1 la messe à tort el i1 lra,crs )>. El, gui<lés par l'UniPers. les curés de rarnpaguc, i1 l0l't et à travers aussi, chantaient au seigneu1· leurs Sa!vum fac lmperatorcm. ,\, la faveur de la loi de 18,i0. le catholicisme mellait la main su,· la jeunesse. Lacordaire développait le collège de Sorèze; Gratry et Petdot ,·cstauraicnt la congrégation de rOraLoire. Puis. les ronfél'cncicrs de-~otre-Dame s'adressaient au grand public. l.rs maisons <.fr eharité, les asilcs 1 les crèches, les Yisites des petites sœurs des pauyrcs ou des :\lessieurs de la Sociétt'· de Saint-Vincent-de-Paul permettaient de mai11tenir dans la fidélité i, Dieu et à }'Empereur les pauvres de Paris ou des grandes ,·illcs. On comprend le mot de Veuillot: l'Empire était bien, pour les catholiques,« un don de la Providence. » ;\lais ce qui marque le mieux à quel point le parti catholique était partie constitutive du système, c'est que de 18j2 à 1s:;s, seul il put faire entendre sa voix, seul il put esquisser une opposition. Tandis en effet que Veuillot, tandis que l'Cnivers et la d~magogie des cu1·és de campagne se ruent aux pieds de César; tandis que, guidé par des instructions de flome, tout ce monde célèbre- le« vrai pouvoir catholique», et redoute d"enlrave1· l'o:uvre efficace des Congrégations par la moindre brouille avec le pouvoir, quelques hom1ncs sentent qu'ils peuvent élC\·er la voix, et que ce même pouvoir leur doit trop pour les faire taire. Cette opposition, ce sont les protagonistes du parti catholique, au temps

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