Albert Thomas - Le Second empire : 1852-1870

·.-,o HISTOIRE SOCIÀLISTE « faire dispnraitrc du costume ainsi que des mœurs les derniers vestiges del'anarchie n. L'asservissement <~lait complet; le système de compression du second Empire ne le cédait en rien i1 ccloi <lu premier. ~Jais la compression seule est insuffisante pour gou,·crncr. Elle n'est cffic3ce que contre des minorités 011 contre un pe11plc dfoouragé, abattu. :'iapoléon 111, l'élu du plébiscite, tenait à être, à demeurer un souverain populaire. Il y avait des corps, il y a,·ait des classes auxquelles le second Empire était sympathique, auxquellës il apportait des satisfactions et dont il ,·ou lait conserver l'appui. Quant aux autres, il ne déscspél'ait pas, par 11ne politique habile, de les gagner à sa cause. D'abord, et avant tout il s'appuyait sm· l'armée, l'année si fortement travaillée pendant tout le temps de la présidence, l'armée qui a,·ait fait le coup d'Etat cl opéré par to11te la France contre les républicains." Avec elle, par elle, pour elle doit ètre désormais sa devise». C'est ~I. de llübner encore qui le note (p. ~,1): cl cet observateur, en effet, a bien noté le coup de force, le pronuncinmiento, qu·a été décembre. Dans les années antérieures, il est vrai, de nornbreux régiments avaient donné la majorité ,lux rouges. Au coup d'Etat, encore, lorsque l'armée vota, quarante-huit heures après le 2 décembre,. 37.:.lJD officiers ou soldats avaient ,·oté non, contre 303.290 ou;, Les quatre officiers d'artillerie attachés à la garde du Palais-Bourbon avaient volé no11, sur des registres. Quel que fût le m<'-contentcmenl de ce1·tains, tous cependant obéircnl. Bosquet lui-même, le général républicain, après avoir demander sa rnisc en disponibilité, s'inclina. H n'y a personne de plus empressé que les soldats pour rallier la victoire. l\lais si l'armée docile assurait la force au gouvernement, ce n'était point su,· elle surtout qu'il pouvait compter pour propager sa popularité, pour rallier des masses de plus en plus nombreuses. :'iapoléon Ill avait le clergé; il avait pour lui « la société chrélienno ». L'auteur du coup d'Etat était-il personnellement religieux? Les écrivains catholiques qui l'affirment sont contraints de reconnaitre, comme par exemple Ill. de la Gorce, que c'était• avec de grandes lacunes du côté des actes et des mœurs » (! . Mais l'état des partis, le rôle joué par le clergé pendant toute la durée de la deuxième République, enfin, ici encor_e, l'imitation calculée de :'iapoléon I", restaurateur des autels, tout poussait le no"'·cl Empereur il entretenir l'alliance avec le pa,'li catholique. C'était l'Eglise qui était devenue le rempart de l'ordre social; c'était autour d'elle, et non pl us autour des vieilles ban ni ères monarchiques que les conservateurs s'étaient ralliés. Dans lem int6rèt réciproque, :'iapoléon Ill et clic devaient rester unis. Au lendemain même du coup d'Etat, )lontalembert s'était ofllcicllen1cnt 1·allié. Le 12 dérembrc, il a,·ait indté les catholiqu~s i, aecepter · le nou,·eau pou,·oir ~ pour éviter la n1ine du pays n. L'U1u·,,ers fut dès lors

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