Albert Thomas - Le Second empire : 1852-1870

l l lS rül BE SOCI.\ LISTI;: I.e prince-présidcul avait. hcurcuscmcnl pour lui, quelques autres dél'n•I-. son actif. Il ,·oulait t~t,·c le grand initiatcu1· en matière indu:-.t1·icllc· rt co1111ncrcinlc. Dè!- u:;.-.1,il s·cssa~a it te rôle. I.e chemin de fc-r de L~on ét:iit roncé<lé· par lui à l'industrie pr·i"éc: de nou,·clks lignes vctrnicnt compll'lr1 le réseau du ~ord; la ligne de Strnsbourg était ache,·éc cl prolongée; <le nuu,·cllcs lignes télégr-aphiqucs étaic11l établie:-.. Le 28 Fl•\'ricr, un cléercl établissait les has('S des institutions de Crédil Foncier. IYaut1·cs réglcmentairnl les ~louls-dc-Piété rt les Soril·t<'s de Setot11·s mutuels. Le l/1 \lars, eut lieu une grande opération : la ton,·crsion dr la 1·ente. Pa1· un décret-loi, à cette <lalt"', les rr11tiers po1·ku1·s <le titres à.) 0 0 ils étairnl alors il 1.0:11) furent mis en demeure d'opter entre le 1·cmbo11rscrncnt <le leurs nlleurs au pair ou leur (•change contre des titres dr \'a leur nomina Ir égale mais ~1 /1 J;'.:! O,'O. llabilcntcnl, le ministre dC's finances. ~I. BinC'au, a\'aÎl provoqué la hausse des autres n.dcurs. Cn moment. cependant, une (Tise fut il craindre. :\lais, aYeê l"aide des banquiers. on relcYa les cours. Enfin, dernière mcsurr atlcstant Je pou,·oir du dic:ateui-. c.:cfut par déê1·ct que fut anèté le hnd~C't de 1Sj2 : la Législati,·e l'avait balaifrt: par 1 ;nilliar<l 1,1,~ millions. I.e président l'élevait i, 1 milliard 313 milliorrs. ~lalgré la lassitude de la plupart, maigri- l'indifférence politique d" beaucoup, tous ces dêcrcts pro,·oquoient dans le pays une curiosité narquoise. lis !'-OuleYaient parfois des inquiétudes. Dl' sa prison. d'ailleurs assez douce, ou qurlqurs mois plus tard, dans lïsolC'111ent oll la prosci-iption générale l'avait placé, Je sagaêe Proudhon obscn·ait tout cela, làchant de discerner ola itllait le prince. c·est alors quïl écri,·it son étrange YOlume : la /-lé,,0!11tt0n sociale dém.onlri:e par le coup d·i·1al. Tandis que les républicains et les socialistes dénonçaient a,·rc indignation le crime de Décembre. tandis que \ïcto1· llugo stigmatisait \apo• léon le Petit, lui. il cherchait à.démêler le jeu obscur qui sr jouait à l'J;:lys<'c, et tentait même d'y jeter quclqut; atout noLn-ealL Qu'il le ,·euiJle ou non, pensait-il. le prinf'r•président est l'ho1nmc <le la réYolution sociale, l"héritic1· de la rh·olntion de 18118. Telle a Clé la profondeur tlu mou,·enlent de 18',8, telle est aujourd'hui l'impossibilité du régime actuel, telles sont les rcl'Cndications du peuple, que Louis :\'apoléon sera contraint de faire la ré,·olution sociale, de prendre ses idées à la llépuhlique sociale el de les r·éaliser .• Qu'il prenne donc hardiment son titre fatal, qu1 il arbo1·e à la place de la croix, l'emblème rna~•onniquc, le niYcau, l'équerl'e et l'aploml,: c·rst le signe du moderne Constantin à qui Ja Yictoire est promise~ in hoc sigus vinces! Que le 2 J)éccmbre, ,ortant de la fausse position que lui a faite la tactique des partis, produise, développe, organisct et sans retard, cc pi-incipc qui doit le faire Yi,·re: l'anti-christianismc, c'est-à-dire l'a~ti~théocrati<.', l'anli-capitalisme, ranli-féodalité; qu'il al-rache ù l'Eglise, à la vie inférieure, et .quïl

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==