Albert Thomas - Le Second empire : 1852-1870

lflSTOIRE SOCIALISTE souYcnt comme leur <'tu·aclèrc i1 demi réformateur, comme telle ou telle <h~ leurs dispositions, dictée plutôt par la recherche de la popularité, par le désir étroit d'établir la dynastie que par une sincère et hardie \'Olonté ,ra111élioration. Parmi les décrets-lois du temps de la "1iclaturc, nombreux sont ceux c1ui doi,·e11L d'abord achever la soumission de la nation. On ac s'en étonnera pas. C'est d'abord la dissolution des associations ouvrières. dont on redoute toujours une acti,·ité politique: c·cst le pouvoir donné aux p1·éfets d'autorisc-r 011 fermer les cabarets, selon quïls leur donnent ou non des i11quiétudes au mèmc point de vue; c'est robligation imposée aux notaires. avoués, avocats, hostiles au n'.·gimc, de vendre leurs offices; c'est la dissolution d~s gardes nationales; c'est le rétablisscr.1cnt du ministère de la police confié à ~I. de ~laupas: c'est le régime sp,'cial de police imposé i, l'agglomération lyonnaise; c·csl, enfin. la proscription de la dcYise : » Libe1·t•\ f~galit<\ Frat~rnilé » et la destruction des arbres de liberté. Le 1 ï Fé,·1·ic1· parait le décret-loi réglant le régime de la presse. Les journaux sont soumis à l"autorisation pt·éalablc, à un droit de cautionnement, i, un droit de timbre. Les articles qui déplaisent au pouvoir nttircnl au journal qui les :i publiés des avc1'lisscmcnts, cl plusieul's avc1·Lissemcnls arnènc11t la suspension. I.e O ~!ars, c'csl le tour de l'Université. Le droit de révocation cl de no1.11inatio11 appal'licn<ll'a au pouvoir seul. Le Conseil supérieur sera nommé par lui. Chaque g1·and corps devra Ittre soumis; chaque fonctionnaire devra faire preuve de loyalisme. Le Président a, d'aHlcu,·s, ses créatures ,, placer; et beaucoup sont tÎ.J)l'CS à la CLtréc qui commence. Le itr ~Jars,· un décret abaissant l'ügc de retraite des juges, a déjà permis de satisfaire quelques-u11s. :\Jais à cùté de toutes ces mesures de répression ou de concentration poli1 ique. d'autres «··Laienl prises qui occupaienl cl souvent suqHenaient l'opinion .. Un décret, en date du, 2:l Janvier, décidait que tous les biens de la famille d'Orléans devaient faire retQut· à la nation, c'est-it-dire les hiens personnels. constitués par Louis-Philippe à ses fils. par la donation du 7 Août. Le décret décidait que sur ces biens, 10 millions revicuclraient aux Sociétés de Secours muluels, 10 millions seraient consac1·és à l'amélioraLion des logements .ouvriers, 10 millions iraient aux institutions de Crédit Foncier ...) millions enfin seraient versés à la Caiss~ de 1·et1·aites des desservant::- infil'mes. L'église, alliée du prince, allait avoir anssi sa part du gàtcau. On cria au scandale. Quatre ministres. quatre grands familiers de . l'Empcreur jouèrent une comédie intéressée: ?llorny, Ho11hc1·,Fould, Magne ùémissionnèrcnl. Montalembert, indigné, cl clc Mérode so,tircnt de la Commission consultai.ive; plusieurs conseillers d'État résisti:_rent et furent frappés'. Les salons répétèrent un mol de 1\1. Dupin, qui jugea bien:• C'était, avait-il dit, le premier vol de l'aigle•·

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