Albert Thomas - Le Second empire : 1852-1870

IIISTOIHE SOCIALISTI, serieu.c qu'on ne lui avait dit. J'ai également r('{'U les trois numéros du Progrès de Lyon contenant vos articles concernant la marche de l'i 11lernationale. Je vous fé!icite de la défense que vous avez prise en faveur de notre sainte association. Seulementje commenterai, si vous le \'Oulez bien, la partie doctrinale, pour vous démontrer que Yous vous Ptes fourvoyé en repoussant systématiquement l'équilibre relatif de la valeur ..... • Dites-moi si vous voulez que je ,·ous rl'Ponde publiquement 011 par lettre. N'oublions pas, cher ami, que la discussion des doctrines prépare le lendemain de la révolution, que les adversaires de notre âffranchissc111cnt sollicitent à grands cris. Si nous tombons d'accord sur les moyens scientifiques, nous nous épargnerons de cruelles dëceptions. Croyez-le bien, mon chrr Richard, il n'y a en ce moment ni proudhoniens. ni collectivistrs, ni indhidualistes, ni mutualistes absolus; tl ue peul y avoirqur<lcs socialislt·s devoués qui clu•,·chent la solution du problemc social, a(in d'assurPr à tout jamais le bieri-ëtre et la Libert€ pour tous ceux qui veulent "j,,1·e en traxailla nl •. Qu'elles sonnent tristement et cruellcmcnl, ces phraSPS confta;1t,•s. écrites au moment mémc oü des évènements inattendus allaient brusquenic._•nl I uiue1· tout le long effort des derniè1·es annêes! Comment se serait développé cet admirable mouvement? Quelle attitud(' auraient prise, à son égard.les l'épublicains? Quelle alliance nouvf>lle lï~111pire Jéclinant aurait-il pu conclure a,·ec la bourgeoisie re<lc,cnue co11scrv;:atdt·e? Quelles fractions, pcut-l·lre, se srraient montrées résolumc._~nt sympathiques? ... Quels que soient les (·lé1nrnts que l'examen attentil de~ foits et des tendances nous four·nisscnt p1111r l'i111a~i11rr, la réalité est 13. A l'heure oü le prolétariat français ré-q~illé venait <lt• 1·eprcndl'c, axec une vigueur jeune et avec une pleine co11sC"ience, sa besogne d'émancipation; :1 l'heure où, dans la poussée démocratique, quelques socialistes, discernant l'avenir, et« dressant hautement leur drapeau au premier r.-.ng 11 décidaient et entrainaient vers leur idéal les courants incertains de la fouit laborieuse, à cette heure de travail joyeux el d'espérance, la lutte abomirl3ble de l'Allemagne contre la France, cherchée et voulue par le gouvernern<"nt prussien pour dominer l'Allemagne unie, acceptée de plein gré pa1· l'Empire ir.quiel et incertain de l'avenir malgré le plébisrite, allait bouleverser et corrompre son pur et régulier mouvement. En prenant l'initiative courageuse de la protestation contre la guerre. les travailleurs socialistes ne protestèrent pas seulement comme hommes et comme travailleurs, mais encore en citoyens, comme s'ils pressentaient déjà l'inévitable réaction, qu'appelle la brutalité, la 'sauvagerie de l'étal de gwerre. \

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