Albert Thomas - Le Second empire : 1852-1870

:190 IIISTU-11\E~OCIAI.ISTE ---------------- ter na tion:l lc des menées démagogiq ucs i ncohéren les, manifestait au contra ire la logique et la vigueur de l'action OU\'l'Îè1·e. C'était le 12 juin que le procès s'était ouvert, devant la sixième chambre du ia·ibunal correctionnel de Paris. Les prévenus étaient au nombre de trente-huit: dix-neuf sous l'inculpation d'avoir été les chefs ou fondateurs d'une société secrète(!); parmi eux, Varlin, ~la Ion, Mu,·at, Johanna rd, Pi11d):, Combault, lléligon, Avrial, Assi, Langevin, etc ... ; et dix-neut autres d'avoir été membres de cette société. Cl1alain présenta la défense générale. li montra que l'Internationale n'avait pas eu besoin de provoquer les grèves; que ces couflits n'étaient <lus 'fl•·~ « la concunence immorale et ~ffrénée que se font entre eux les indu_striels et qui plonge les tra,·ailleur~ dans une misère de plus en plus prof1111cle 1t. Il dénonça la sainte-alliance de~ gou,·ernc.wts et des réactionnail'C'S t·o ttre l'association des tranlilleurs. 11 stigmatisa l'e11\·oi aux grê\eS êle la tn1upe, mise par le gouvernement à la disposition des usiniers. Il réfuta avec (•l•1q11ence l'accusation misCrahle et perpCluelle, lancée aux socialistes, de vouloir pillage et partage. Il dit ~nfin la force invinr-ihlc de l'Internationale, e.,pression actuelle de « cette fo1:rne dé-finitive des sociétés humaines: la Uèr11bliq11esociale et 1tniverselle. , Il plut à l'avocat impérial de dèelarcr qu'il protestait " contre cette pluaséolog-ie creuse, au milieu de laquelle il vivait depuis un mois». ll sembla bon par contre aux Internationaux de sou mettre ces dé Lats à la masse 011,r;èrc: ils savaie11t qu'elle ne serait pas longu,· i1 reconnaitre tout ce que co:ilcnait de vrai cette« phraséologie•· Dèsjuillrt. les déhats de ce troisième prot·•··~ l·t:lient imprimés. Le~ condamnations qui frappaient Varlin, Malon, Murat, Joha11nard, Piud~·. Combault et Ilélig-on d'un an de prison, pour société secrète; et leurs c,111,a radt.·s, de deux mois seu lem en t, pou 1· avoir foi t partie de 1'1n ternationale, !•.oc:i1•1(' non autorisée de plus de ,·ingt personnes, n'étaient point des accid1•11t:,; sust·c-ptihlrs de g-èner la poussée socialiste. Au point où en était le mo11,·1~mc-nt. elles 11e pouvaient que le servir. Dans toutes les ,·illes. malgré les tr;tcasseries multipliées, les militants ('<1111u1uaiM1llcur travail, ave<· confiance, avec sérénité. C'est le 15juillet, le Jour mt•nlf' où la guel're c·onlrC' l'Allemagne était décidée, qu'Aubry écrivait e111·ore a Hichard pour lui expliquer comment il' faisait vivre la lié/orme s,wr'ale. comment on pouvait facilement dans les diverses fédé,·ations entre• tc•nil' <les organes anal0gues. Et il disait encore, en dépit des tracasserie• dnnl il était victime, avec quelle confiance inébranlée il envisageait l'avenir • \Lilgré toutes ces persécutions, écrivait-il, ces misérables perdent leur temps i car en ce moment elles ne fonl que persuader aux indifférents que lei rnlom nies lancées contre moi et l'Internationale étaient complètement fausses. Et not!'e feuille commence depuis quelques semaines à être lue par ta bOtl1'1{POisù. qui à son tour commence à voir que le mo," 1emenl out1rier eat plua

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