3ï8 HISTOIRI!: SOCIALISTE tains avaient obéi, sans avoir bien conscience du.jeu qu'ils jouaient, aux sugges~ lions du nommé Laroque, rédacteur du journal Le Parlement, tout dévoué i1Houher, et qui chel'Chait par tous les moyens à atteindre le prestige du rival de son protecteur. ~fais ce rut une question purement ouvrière qui souleva subitement la population du Creusot. li y avait au Creusot une caisse de secours, constituée en parlie par des prélhemcnts sur les salaires, mais dirigée, administrée par le patron. Oepufs quelques mois, des critiques s'élevaient contre cc système: certains réclamaient la gestion de la caisse. :'Il. Schneider, fidèle, dans son petit royaume, aux procédés pseudo-démocratiques de son souverain, se proposa d'organiser un plébiscite sur son nom. li déclara qu'il YOulait remettre la gestion de la caisse aux ouvriers, el organisa un scrutin pour un ,·ote général. IL espérait' que ses ouvriers dociles le supplieraient par leur vote de reprendre celle gestion. Les contre-maitres, bien informés et stylés, parcouraient les atelie1 s en disant: « Ce n'est pas possible! :'lous ne pou,·ons accepte,.! li faut que M. Schneidel'conlinue d'administl'er la caisse•· Cependant, la propagande du petit noyau indépendant, s'ajoutant à la préférenre bien naturelle chez beaucoup d'adminislrcl' eux-mêmes les sommes qu'ils versaient, amenaient un vote inattendu pour ?\I,, Schneider. Sul' l,.ïOS ouvriers inscrits, 1.01,3 s'étaient prononcés pour la restitution de la caisse aux ouvriers, 536 pour soo maintien au pouvoir du patron. Comment n1aintenant organisPr la caisse ~ Les ouvriers creusotius ne savaient même pas tenir une_ réunion; un Parisien, un ajusteur venu au Creusot depuis quelques années, habile, intelligent, mais garda,tI quelque chose en lui de la discipline du soldat qu'il anit été, le leur enseigna. li fut nommé président; deux assesseurs lui furent adjoints. L'un de ces deux cria: 11 Si on nous ren'"oie, il faudra partir tous)> ... \ssi fut chargé d'organiser la caisse ancienne en sociCté de sccours-mnll;cls. C'était le 17 janvier. · Le 19, arrivant à l'atelier, il t1·ouva i, sa place son livret, son argent. Il allait partir, sans mot di l'e. ;\lais un des assesseurs, Lacaille, qui travaillait aux forges près des ateliers d~s chernins de fer, a,·ait, ]ui aussi. re(.'n son livret. Il passa le dire dans cet atelier. Les 300 qui l'occupaient le Yidèrent immédiatement et coururent pal' l'usine. En une heul'e, to.;L était arrèté. De son lit, Dumay, malade, voyait culbuter les bennes de charbon. Le lendemain, une commission de grève était nommée. :'Il. Schneider recevait théâtralement les délégués et leu1· affirmait qu'il aimerait mieux ,·oir éteindre tous les hauts-fourneaux que de céder i1 la pression de la grève. En même temps, le président du Corps législatif, appelant. à l'aide les forces gouvernementales, faisait occuper sou usine par la troupe. 4.000 hommes arrivaient pour contenir les ouvriers. Allait-on reYoir le massacre d'.\ubin ou de la Ricamarie? L'empire allait-il continuer it décimer les prolétaires? - Une ,·éhémente protestation se fit entendre uon seulement des sections de l'Internationale, mais de tous I :::;.,-,
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