Albert Thomas - Le Second empire : 1852-1870

IIISTOIHE SOCI.\LISTE fond des forèls. all<·ndanl, cspfranl dix-huit cent ci11quanlc-d,·u., 1 Dans ces ,·illagcs, oll tous vivaic-nl d'accord. oll « sa11s connaitre les di,·isions 11i les passions jalouses qui gan~renaicnt ailleurs leur parti ", tous dairnt nal\C'- mcnl cl simplcmcnl rt·publicains, le nHH1,c1ncntdc rl'sistanrc, cnthousia:-.tc, joyC"ux, rappelait par tous ses incident:;. par toutes H:•s manifestations. Je grand mouvcml'nl des Fc.;dérations de 1ï90, né lù. lui nussi. et qui de la, avait gagné la France. Etait.cc donc déjà 1:-,~2'.' (lui 11c l"aurnil cru,:, ,oi,· les foule::. ardc11tes qui dêf1laicnt ù lrave1 s les campag-ncs :1 ;\lais f•lles dcmcu• raÎ<"Ht hélas! isolées. lfaut1·cs 1nains n'allaient point ::,,C tc11<ln·, comme jadis, ,·ers celles des républicains de la Dnlmc el de J".\rdèchr. \la,·srillc· n'a,·ait point bougé! Lyon. non plus. n·avait pas bougé! ()11<' P<nl\·aicnt faire. eux seuls, les démocrates du ,·illagc de C,·esl ou de l.oriol :> Les paysans regagnèrent leurs maisons, leurs forêts; et le~ lroupcs, bicntOt, YÎnre11l de nouveau Jes y t1·aqucr. Te] fut cc mou,·cmenl. Le tableau un peu détaillé que nous ,enons <f('n tracer pcrmC'l d'en saisir les principaux caractères. Ce fut un soulè,·cmcnt spontané cl inattendu de~ campag11cs (raguées à la cause 1·épublicainc <'l démocratique. Dans les grandes ,·illcs remuantes où J'on p1·csscntait une résistant'e, où l't·tal Je siCge fonctionnait, oll les troupes atlendaicnt. nombreuses. les républicains ne purent bouger. ~lais. dans les villages, ils se lcn:•r<'nl. Le pl'ésident avait eu beau annoncer l·e rétablisscmcnl du suffrage uni,·crscl, l'abolition de la loi du 31 mai 18~,0: d'instinct, ils scnlai<•nl bien que le Coup d'ttat. qu~ augrncntait s011 pouvoir, allait tourner conlrc eux. Ils sa,aient que c'était lui, que c'était son gou,·ernerncnt, que c'étaient ses fonctionnélircs quj, depuis plus d'une année, lmquaicnl leurs militants, dCsorganisaicnl leurs sorjétCs, ruinaient leur propagande, cl les 1·t;duisaicnt ;, l'unique espérance d'une revancJ~e clcctorale en 1s;;:?. Ils sa,·aient que. dans leurs luttes loealcs, contre Jcs gros propriétaires. contre les curés, contre les réactionnairrs, toujours, ils avaient trou,·é a,·cc leurs ennemis les agents du gou,·crnc111cnl. ses corumissaîrcs. ses p1·éfet~, ses procureurs généraux. Ils sentaient que le Coup dï~tal, c'était Je de1·nicr coup porté à. leurs dcr·nièrrs cs.péranccs : et ils résistèrent, pour la Constitution qui, seule encore, au moins leur pel'mettail <l'espérer. Cc sont les luttes locales des.de1·nit!res années, depuis 18118, qui donnèrent au Coupd'l::tat. en province, son ,Tai caractère. Après toutes les mesures 1·épressi,·es des années.)() el .~,I, ap1·ès la pr1·st~- cution méthodiquen1cnl poursuivie <les organisations républicaines cl ouvrières, Louis-;\apoléon avait ('ru pou,·oir se poser, le 2 décembre, en pacificateur. Il avait cru pouvoir escompter une adhésion quasi-unanimr. Un Jécrnt rédigé le 2 décembre ù~mandail pou,· le 1'1 l"adhésion publique de tous au coup d'J::tat: à registre ouvert, le peuple fran-;;ais aurait proclamé 41u'il voulait le maintien de l'autorité de Louis-:\apoléon Bona.parte. ~1ais dès le t, décembre, le système clll ,·olc à bulletin secret <'tait snbstitué il

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