Albert Thomas - Le Second empire : 1852-1870

IIISTOIHE SOCI.\I.ISTE L<."10, dC",·a111 les troupes du génf'1'al Hostolan, lrs ou,Tir1s de IJ('•darienx daiC'nl contraints de!-,(' réfugier dans les fort'h des Ci•n.•nnes. ,\ l'Esl, l'ahslcntion de ~larscillc Îlt t'.·ehouc1·lc gr·and mouvement qui a,·ait c·date d'une manière spontanée dans les quatre départements prcncncaux: \ ar, \ audu><', floul'l,c·s-du-Hhùne, .\lpes-~laritimcs et Basscs-Alpcb. Les cHl\l'Î<'l'St mar ... f'illais, l'as~c111hll·s en groupes menaçants, le soit· du a, n'attcnclai"nt qu'un :-,Ïgnal: t'l'U~ qu'ils s'êtaif"nt bahilués ü <'onsidércr comme des d,cf, ne le do1111èrenl pas. L'histoire n'a pas cn,·orc éclair<' le scc,·el de <'t.'llc i11actio11. Et ccpc11dant, dans tou~ les départements environnants, le mou,c111cnt ,·outre le, ,·oup d'Etal, s'annonçait considérable. Cc ful hicnlùt une arml·e qltC' la t1·011pC' formée par les rl•puhlicaius accourus de toutC's les c.·ommunt:!:1-du \'a1· : a1 méc un peu bruyant<', sans doute. amoureuse de pompe Pl de lhéütre, foule pl'Ovcnçalc, applaudissant aux belles jeunes f<'n11ne~t.l1·a1H~('Sdan~ leurs manteaux bleus cl coiffées du bonnet phrygien, n1t'lanl de fa.-andoles les fatigues de la lullc, mais pi·ompk au découragement <'on1mc il rcnthoui,,iasmc ! Beaucoup p1·011vèrcntpourtant qu'ils étaic11l capable~ c..l'hér<11,mcet moururenl pour leur cause. :\lais le commandcmenl fil dffaul; le g,'néral-journaliste Camille Duteil était incapable. Après quelques coruhats, l'armée des insurgés ful mise en déroule et la terreur courba les t~lcs. Lr 3 l>éccmbl'r, également sans hésitations, sans délibérations, avec un redoutable en,cmble, la 111ajc11rcpartie des liasses-Alpes s'était soule,•ée . .\vocal,, médecins, notai,·cs, le fusil ~ur l'épaule, avaient pris la lète des colonnes paysannes, pour marcher sur Digne, sur la préfecture. Chaque famille ,!\ail e11,oyé <1uelqu'un des siens. De Forcalquier, lrois mille hommes partirent. Le•dimanche, le 7, au milieu de l'enthousiasme général, les républicains étaient maitres de Digne. Pensant que le :\lidi entier se levait en masse autour de ~l<Hscillc, et pensant que IA lutte allait partout s'engager pour la Ht'publiquc, ils se mrllaient ù organiser le département. Ils voulaicnl que les Bn,se,-Alpes fussent en état de fournir leur contingent, en hommes, ,•n argent, pour la lerrihlc lullc. Et, comme les hommes de 8!1,ils remaniaient dans le sens républicain cl révolutionnaire, Loule l'organisation départe111cnlalr. Ils faisaient mieux : ils répondaient au vœu des paysans, ilo leur donnaient cc ,p,'ils a,aient toujours espéré et toujours attendu en vain de la l{épuhlique: la suppression de l'impôt des boissons. Mai~ hélaa! encore une fois, Parib était ,·aincu; ~larscillc ne s'était point soulevée; et des troupes en arrivaient. La rt'.·sistancc obstint'.•c du garde des for<'ts .\illaud ne pou,·ail arr,'ter le triomphe du président: la teneur, ici encore, allait rétablir l'~rdre. Et il en fut de mè,uc (•nfin dans les départements démocratiques de l'.\rdèd,c et de la Drôme, dans ces régions soumises à l'étal de siège depuis la décou,crte du complot de I.p,n, mais où, malgré les saisies, les proeèt, le• condamnation, par coutumace, les républicains étaient demeurés, caché• an

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