IIISTOIHE SOCIALISTE :1; t utilisable, ne s'affirma UYC'Cauta11t de force qu'en c(•s <louzc- mois <le juillrt 6\l à juillet iO. La fondation même <lf' la J/arseillnisr, en décembre H!t, montre avec quelle sflrcté el quelle claire vue <les circonstances agissaient les hommes qui menaient le nHrn,·emenl. Les élections complémentaires de nffvembre aYaient scellé l'alliance entre IC's démocrates ,n·arH'és et les socialistes. Hoehrfort s'était dérla,·é soeialiste. Bon gré, mal gré, sous la poussée de !"opinion, tous s'étaient !'alliés autour de 1't•nor•rni dr l"EmJH~rcur. La grande fo1·ce rérnlutionnairc, alors. c·ctait la popularité de Ho,·hdort. C~tte popularité, I<' pamphlétaire ·youlail l'entretenir; il souhaitait ,ravoi1· un journal t, lui. Or, au mènH' temps, l'ln\c-ruational(' n'a\'ait plus d"organc. Le journal hebdomadaire /Je Trm1nil, auquel ses mcntlJl'es a\·aicnt coutume de. collaborer, ,enail de tlisparnilre. Le syndical d<:'semployés <le commerc<' qui le soutenait avait subi en erret une gTè,·c désastreuse el l'a\'ait abandonné. Il fallait eependant un org-a11e.,l'\ochcfort fo11dait la .1/arseillais,•. \ adin alla voir ~lillièrC', l<~ directeur. Ils s·entenclircnl. Polu·quoi Yarlin, pourquoi ~lalon s·unissaient-iis it Hoc-hefort :1 Pourquoi <·es hommes de sens droit et de pensée préc-ise se mèlairnt-ils ;, un 111011,·cmcnt, oll il était facile de distinguer dl'jà des élémeuts démagogiques~ ral'lin lui-même l'a expliqué longuement, et il imp,)1·tc de citer ici C'ncore quelqncs~uns de ses arguments. ,✓ La situation actuelle de la France, écrivait-il à James Cuillaume, \CCl1 /nlernatio1wlc 1, ;JJ8 ne pcl'met pas au parti soeialiste de rester étran• ger à la politique. En ce moment, 1a question de la ehute prochaine de I1Empire prime tout le reste, et les socialistes doh·ent, sous peine d'abdiquer, prendre la tête du mouvement. Si nous nous t.:lions tenus à !"écart de la politique, nous ne serions ri('n en France aujourd'hui, tandis que nous sommes à la veille d'être tout. • l.a J/arseillaise allail ètre sans doute le journal de Hochcforl, c'est-à-din' avant tout une « machine de guerre c-ontre l'Empi,·e •· ~lais elle ne voulait pas n"t!trc que cela. Autour de Rochefort, s'étaient groupés pendant la période électorale « les citoyens actifs du parti soc-ialiste ». Son acceptation « franche» du mandat impératif avait fait de lui sans doute • le véritable porte-voix du peuple de Paris •; ses collaborateurs politiques s'engageaient i1être toujours « complètement révolutionnaires •. ~lais les socialistes avaient droit à. davantage. A côté de la partie politique, une partie très importante du journal devait être réservée aux questions·sociales et ouvrièt•cs. Elle devait a\'OÎr pour principal rédacteur Millière, « un des socialistes les plus capables que je connaisse>, écrivait Varlin. Les principes du journal devaient être ceux du Congrès de Bâle, « le collectivisme ou le communisme non autol'ilaire •·
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