3ï0 IIISTOIRE SOCIALISTE politique cl les l'éfol'mes sociales s'enchainent et ne peuvent pas aller_ l'une sans l'autre. Seule, la révolution polilique ne serait rien; rnais nous sentons bic-n, par toutes les circonslanc·es aux<juclles nous nous heurtons, qu'il nous, sera impossible d'organisrr la rêYolution sociale tant que nous vivrons sous un gou,·erncment aussi arbit1·air<' que celui sous lequel nous ,·ivons. (Troisù\me pro('ès, p. 22 . '.\lais c'est )Jalon surtout qui l'Cpl'ésentc, pal'mi les hommes de Paris, celui qui lient le plus grand compte de toutes les forces diverses engagées dans ln lulle. Très informé, t1·ès studieux, éclectique de tendance, comme il l'est, il ne peut s'accoutumer à l'exclusivisme, à lïntransigcance de son ami Bicha rd. « :\It!rchanl de concert, dit-il, nous pouvons, si nous ne tombons pas sous les premières balles, faire beaucoup; mais il y a une chose qu'il ne faut pas nous dissimuler .. \près six mois de révolution, nous courons le risque de ne plus mal'cher pal'allèlcmenl. Ta propcnsic,n ,, toujours marcher des. premiers dans l'a,·ant-gardc dc\'ancera souvent ma méthôdiste pré\'oyance ré,·olutionnairc, qui ne ,·eut marcher qu'en entrainant autant que faire se peul les gros bataillons au l'Îsquc de se retarder. Cela tient surtout i1cc que lu ne \'Ois qu\111 groupe tout préparé, tout révolutionnaire, cl <1ue moi aventurier de la pensée, je fréquente Lous les partis, démocrates radicaux, proudhoniens, positivistes, phalanléricns. collectivistes 1communistes conservateurs de la famiJlc autoritaire), fusionnistes, coopérateurs, etc .. ,, tout en 1·cstant l'u'n des plus énergiques communistes. Je vois partout des gens de bonne foi et cela m'apprend a être tolérant» (17 avril 1869). Et de même, s'ad,·essant encore à Ri<:hard en cette période de la fin de 1896 el au débul de 18ï0, où la question politique se posa avec acuité devant la conscience des socialistes, il écrivait: • Ta lellre est au fond une mise en demeure de me prononce" sur l'idée l'évolutionnairc. Je ne suis pas du tout partisan de l'abstention du socialisme en présence du mouvement qui grandit ii Paris. La révolution •'avance, inévitable, accessible cncol'e à bien des innuences. S'abstenir dans ces conditions serait pour nous une ligne de conduite on ne peut plus désastreuse, puisque cc serait abandonner le mouvement à la direction des politiques purs. Telles sont les raisons qui font que je me suis jeté sans réserves dans l'agitation républicaine, persuadé que la meilleure Caron de planter sou drapeau est de le faire toujours apercevoir au premier rang. Ce n'est point notre faible concours qui fera de beaucoup avancer l'heu,·e de la révolution; mais nous contribuerons par notre intervention à !ni donner une altitude réellement sociale. » Jamais, peut-être, cette sûre méthode d'opportunisme révolutionnaire, celle méthode classique du socialisme français, inaugurée par Babeuf lors de la première révolution, continuée par le vieux Buonarroti, reprise par Blanqui dans le grand mouvement de 1834 et qui demeure pour nous :encore dans le développement de la démocratie contemporaine une leçon toujoun
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