Albert Thomas - Le Second empire : 1852-1870

IIISTOIRE SOCIALISTE pic: 18~8-1851-l192-17H9-J80!,. ~c nous trompons pas, nous ne serons jamais des gou,·er:rnnts. Je préfère la verge au compas. « Ne cr·oyez pas au moins qu'en politique, je cède aux entrainements de la multitude : j'appartiens rationnellement à la minorité. ~e suis je pas républicain? • Scientifiquement je ne suis pas plus au peuple qu'à Dieu. • Brer, l'Empi.-e tombera à tcmp., pou,· emporter avec lui les dcmicrs ,-estigcs du despotisme cl de la bourgeoisie ..... , Et, enfin, le 15 février 18i0, au moment même, oll, comme nous le verrons, les Internationaux se trouvent traqués à Paris ou à :\lnrscille, Bastelica écrit encore :, Hichard: • J'admets la philosophie en soi des évènements présents jusqu'à un certain point. Xous ne devons pas nous montrer indifférents ri la solution politiq11e du probll-me sorin.l; nous dc,·ons tendre au contraire à en saisir la direction. Si Marnl cl Babeuf avaient c11leur popularité dés 1ï89; ou bien encore si ·ta liquidation de la dette el de la propriété s'était opérée de 92 à 03, la Hévolulion triomphait el débordait sur l'Europe entil·re. Serions-nous plus maladroits que la bourgeoisie? Si nous ne voulons pas que la prochain<' révolution so~·t politique, ..~A1so~s-la sociale, collectiviste. Telle est l'idée qui guide ma conduite. Nous ooérons s11r un peuple bizarre, original, fantasque: ici, à ~larseille, si je contrebalance à moi tout seul plusieurs coteries plus ou moins jacobines, c'est parce que l'on voit en moi le rép11blicni11 décidé à en finir avec -rots les despotismes. Celle lactique, celle logique, dis-je, réussit et conv;tinc. Je ne dis pas : c'est l'Empire qui a fait )a mist'.·re; je.dis: c'est la misi·re qui a produit l'Empire. Je prends alo1·s l'effet cl la ca11se il bras-le-corps el les terrasse du même coup•· Et c'est enfin la n1t'mc thèse qui, avec une force, une netteté plus grandes encore, les rntcrnationaux de Paris, placés au centre même du mouvement révolutionnai1·c, vont dércloppcr à leur tour. A aucun mo1ncnt, semblc-t-il, ni Varlin, ni surtout :'llalon ne perdirent de vue la poussée politique, au milieu de laquelle ils tentaient laborieusement de dé,·elopper la propagande socialiste. JI semble bien que chez \'arlin - on a pu le voi,· par quelquesunes des ci talions que nous arons faites plus hautcs- l'antiparlemcnlarisme soit allé se dévclo1>pant. :\lais ~lalon lui-même n'était pas tendre au Corps législatir qu'il traitait de • foire aux libertés parlementaires lesquelles n'ont rien à ,oir aYCCla liberté populai,·c ». Le Corps législatif de l'Empire apparaissait d'ailleurs aux révolutionnaires politiques, arec qui s·alliaicnt les socialistes, comme tout à fait différent de ce c1nepouvait être une assemblée parlementaire. Mois Varlin lui-rnèmc sentait la nécessité de la révolution politique pour les réformes sociales. En août 1869, par exemple, il écrit à Aubry: • Vous semblez croire que le milieu dans lequel je vis est plus préoccupé de la révolution politique que des réformes sociales. Je dois vous dire que, pour nous, la révolution

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