3H8 IIISTOIHE SVCIALISTE cisme et de gouaillerie, il est Vl'ai, i, toute l'action politique des démocrates marseillais. ~Jurat déclarait plus tard au procès de l'Internationale que sa correspondance avec Bastelica lui avait apporté de grandes joies. Cc que avons recopié des lettres qu'il écrivit ù llichard montrent le mobile et sensible esprit qu'était ce jeune militant. Il est peu de pages aussi jolies (lans notre lillératnre socialiste. En marsU9, Bastelica constate que le suffrage uni,·ersel est inefficace dans un milieu qui n'est pas le sic11, et que le principe de la Révolution ,·este intact, quelle <1uesoit l'issue du scrutin. "':\éanmoins. déclare-t-il, pour l'honneur de la vérité et l'honnêteté de mes convictions, je voterai demain pour Gambetta•· En juillet, il écrit à llichard tout le dégoût que soulève en lui la conduite flasque de l'Extrème-Gauche, qui n'a pas osé 1·efuser le serment. ,, Ces Messieurs ignorent-ils donc, dit-il, que l'abstention qui nous prive des services et de l'énergie révolutionnaire des Barbès, des Blanqui, des Cambon, des Martin Bernarde a/tri est le produit, la conséquence forcée de celle formalité cocrcith·e inf,,mc? \'oudraient•ih, par hasard, ériger leurs sièges en privilèges et la démocratie assermentée en principes? Allons! allons! la Gauche murmurant alors <1ucHaspail ridiculise justement le roicitoyen a avoué ce qu'elle est réellement,: l'arrière•garde de la bourgeoisie ... Une fois de plus, tenons-nous bien campés sur nos gardes, et par la Révolution, jurons de ne jamais prêter serment, pas plus au peuple qu'à !'Empereur ! • En octobre, tandis que le mouvement grandit el <1ue le mouvement politique qui va grandissant semble pouvoir servir de sopport à la révolution sociale, les deux amis continuent de s'inquiéter de la question politique: < Il faut, écrit Bastelica à llichard, le G octobre 1869, que nous nous mettions parfaitement d'accord sur la qucstiun politique. Le Gou,·erncmcnl est, comme le crédit, le monopole et lu propriété, ,11,erésultante, une série économique, une catégori;, sociale: la Hévolution les résout né:;ati,·eme,,t. Nous voulons le non-gouvernement, pnrce que nous affia·mons la non-propriété ... cl vice-versa. La morale humaiue détruira la r~ligion; le socialisme détruira le gouvernement ou question politique. Si le parti aujourd'hui embrasse plutùl la question politique, c'est que dans sa conception théorique, il le voit représente,· la société. • Faussetés! direz-vous; réalités, vous "répondrai-je. Le plébiscite est encore en honneur dans la masse. Et pourquoi nous en plaindrions-nous? Le peuple afr.rme ainsi inconsciemment la raiso11 collective. Le trnvailleur attend tout de la Hépublique; c'est son désiderata: donnons-lui la République sociale. Prouvons in anima vili le non-gouvernement et l'al(riculteur acceptera la non-proprieté. C'est de la déduction rationnelle. La Démocratie a peur de son ombre, de l'utopie, comme naguère elle s'effrayait de la démagogie. Je suis utopiste et démagogue parce que révolutionnaire : ai la démocratie n'enfantait pas l'utopie, elle accoucherait du despotisme. Exem•
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