3(;2 IIISTOIH.E SOCIALISTE Les barricades 11e se font pas avec.·de la boue; il faut du pavé. Après J.a révolution du 111.Spris en t,S, on fera en ü9 la révolution de la conscience». On parla ensuite d'une candidature de Ledru-Rollin. )lais tout s'effaça dc,·,rnt la campagne de Hochefort- candidat au siège laissé par Gambetta - el qui symbolisait les haines les plus vives contre le régime impérial. Emmanuel Arago, Caémicux, Glais-Bizoin furent ..élus dans les autres circonscriptions; on oublia cc succès des républicains bourgeois et modérés, pour ne songer qu'aux l ï.900 voix de Hochefort. Les socialistes de l'Internationale amient pris une part active 11 la lutte. Ils n1a\'aicnt point eu de candidats à eux; ils n'avaient point lancé, à ma connaissance du moins, de manifestes spéciaux; mais co1nme toujours, sentant grand il' le rnou,·emcnl, ils s'étaient demandé comment ils pourraient profiter des circonstances pour pousser leur propagande: « :'ious jouissons depuis quelques mois, écrintil à ce sujet \"arlin, dans une correspondance à I' tigalité de Genève, d'une liberté rclati,·emcnt asse, large, cc n·cst pas un droit 1·cconnu, il est vrai, ce n'est que de la Lolé1·ancc... Quant à nous, socialistes, nous profitons hardiment de la latitude qui nous est laissée pour accroftre nos forces par une actù,e propagande el détruire le prestige de toutes ces personnalités bourgeoises, plus ou moins radicales, qu1, élaient "" danger sériea.c pour la llévolution sociale. Depuis les élections générales {mai), un progrès immense a été accompli. Le parti socialiste n'a pas posé de candidats aux élections générales ni aux élections complémcntair·es qui viennent d'a,,oir lieu, mais les orateurs socialistes ont fait prendre aux candidats radicaux que le peuple acclamait, et qu'il était impossible de ne pas nominer, des engagements qu'il ne devaient pas tenir, et leurs défaillances successives nous ont permis de montrer leur incurie et de désillusionner le peuple sur leur compte.» tCI. .lames Guillaume, /oc·. cil, I, p. 242. Et le mème Yarlin écri,·ait encore à Hichar<l à la veille mème des élections de Paris 20 nov. 18G9) : • La campagne électorale nous a montré le plus beau gâchis qui se puisse voir. Presque toutes nos personnalités républicaines sont venues mont,·er leur impuissance et leur incapacité au grand jour. Je considère que le résultat des élections sera insignifiant. Quatre républicains bourgeois de plus entreront au Corps législatif et voilà tout. Tant mi~llx si le Penple pouvait se désabuser du régime représentatif En re,·anche le mou• vement social ni bien » Tirer la leçon <les évènements, montrer les défaillances des grands bourgeois radicaux, leur impuissance à satisfaire aux désirs populaires, telle était dès alors la besogne d'éducation que les socialistes se proposaient 1 d'accomplir dans la mèléc électoral~. Mais leur vrai travail ne fut pas là pendant ces mois orageux de la fin de 1869. Le mouvement de grève, qui avait commencé dans les premiers mois de l'année, continuait ,1 réclamer leur attention depuis le retour de Bàle.
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