Albert Thomas - Le Second empire : 1852-1870

3.i4 IIISTOIRE SOCIALISTE tuer à Lous les gou,·ernemenls bourgeois, • sans distinction de forme ni de couleur> el que les discussions purement politiques étaient bien vaines. C'est alors que la bataille fut lh·rée entre le muluellisme et le collectivisme. La commission, nommée pour l'examen de la question de la propriété, proposait au Congrès les deux résolutions suivantes : « 1' Le Congrès déclare que la société a le droit d'abolir la propriété individuelle du sol et de faire entrer le sol,, la communauté; • 2° Il déclare encore qu'il y a aujourd'hui nécessité de faire entrer le sol à la propriété collective •· Une fois encore, les Proudhoniens défendirent leurs idées: la rémunération équitable du travail individuel, li. réciprocité des services et la mutualité des garanti~s. Leurs arguments furent combattus par Lucraft, Lessner, Eccarius, Hins qui venait de se convertir à l'idée de la propriété collective, et Bakounine surtout qui montra avec une grande force que« la production n'étant possible que par la combinaison du travail des générations passées el de la généra lion· présente, il n'y a jamais eu de travail qui puisse s'appeler travail individuel» Cf. James Guillaume, loc. cit. p. 197. La première résolu lion fut adoptée pa1· :;4 voix, contre t,, 13 abstentions el 1, absences. La seconde par 53 ,·oix contre 8, 10 abstentions el 1, absences. Pour la France Varlin, Franquin, Dereure, Tartarel, Bakounine, Bourseau, Onlhier, Albert Richard, Palix, Ch. ~lonier et Foureau avaient volé pour les deux résolutions; Tolain, Pindy, Chemalé, Fruneau avaient voté contre; les autres s'étaient abstenus. lllurat, Langlois el Piéton, cependant, après s'être abstenus sur la première résolution, avaient voté avec Tolain el ses fidèles contr'e la seconde. On discuta ensuite de l'héritage. La commission, inspirée par Bakounine qui en faisait partie, demanda au Congrès de reconnaître « que le droit d'héritage doit être complètcmenl et radicalement aboli, et que celle abolition est une des conditions indispensanles de l'affranchissement du travail •· Le Conseil général, par l'organe d'Eccarius, el sous l'inspiration de Marx, déclarait au contraire que le droit d'héritage n'était qu'un effet de l'organisation économique actuelle, et que l'abolition du droit d'héritage ne pouvait ètre le point de départ d'une transformation sociale radicale. C'est un raisonnement cl'immobi1isnle c1u'ona souvent entendu depuis. Quoi qu'il en soit, aucune des deux théories n'obtint la majorité absolue; :1 considérer même 'le nombre des non 137 sur G2 votants), la thèse du Conseil général était repoussée. Nous signalerons enfin une dernière ~ésolulion, celle concernant les sociétés de résistance. Elle provoqua une vive discussion - discussion toute d'actualité encore aujourd'hui - entre Tolain et Greulich, d'une part, et llins de l'autre : les uns, montrant qu'à côté des relations corporatives, l'ouvrier a avec les cito·yens des autre• communes des relations qui ne sont plus purement corporatives, el concluant que les a•sociatioos ouvrières fédé· 1 \,, •

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